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Extrait de l'interview de Philippe Grosvalet par Marc Le Duc, dans Ouest-France-44 daté du 17 juin 2011.

Extrait de l'interview de Philippe Grosvalet par Marc Le Duc, dans Ouest-France-44 daté du 17 juin 2011.

Le 17 juin 2011 - cela fera trois ans demain - Philippe Grosvalet, nouvellement élu président du Conseil général de la Loire-Atlantique, répondait dans OUEST-France aux questions de Marc Le Duc, qui portaient entre autres sur la réunification de la Bretagne.

Le successeur de Patrick Mareschal démentait être contre la réunification, ce qu'on avait cru pouvoir déduire de formules ambiguës, mais souhaitait qu'on avance d'abord sur la question de la décentralisation, expliquant :

"Demain, avec une nouvelle étape de la décentralisation, on pourra avoir un débat national sur la délimitation des régions. On pourra revoir les découpages. On tiendra compte de la taille, de l'histoire, de l'identité, des infrastructures, de la population. Les frontières ne sont pas immuables."

Eh! bien, Monsieur Grosvalet, nous y sommes ?

Il paraît que la nouvelle étape de la décentralisation, après deux ans d'enlisement, est en train de voir le jour.

En ce qui concerne le grand débat national sur la délimitation des régions, après une entrée en matière prometteuse : le plus haut niveau de l'État présentait lui-même la réunification de la Bretagne comme une des plus probables avancées en la matière. Puis ce fut le temps des grenouillages et de l'anti-bretonnisme primaire (annexion, repli identitaire...), et celui des conciliabules de barons, entre eux ou à l'Élysée, jusqu'à l'apothéose : on interdirait aux départements de changer de région ! Une forte identité devenait une tare, voire un danger pour la République. Les porte-plumes indigènes étaient requis de justifier la nouvelle donne, et les barons rassurés paradaient derechef dans leurs habits du dimanche.

Les populations ? Elles n'auront pas la parole. Les infrastructures ? On consolide les pires d'entre elles : les régions restent découpées le long des dessertes de Paris , les privilèges de liaisons de l'Île-de-France restent l'alpha et l'oméga de la "réforme" territoriale, on peut regrouper les régions n'importe comment, mais les deux parties de la Bretagne n'ont le choix qu'entre rester séparées ou se diluer ensemble dans une circonscription centrée sur Paris et privée de dynamiques transversales...

Monsieur Grosvalet, vous prenez bien légèrement votre parti de cette situation contraire à ce que vous aviez annoncé ! C'est à cela que sert un président de Conseil général de la Loire-Atlantique ? Vous tenez absolument à confirmer dans les faits que vous n'avez été porté à ce poste qu'à condition d'avaliser le refus de la réunification ? Qu'on ne peut plus, en Loire-Atlantique, accéder à des responsabilités de quelque importance sans répudier la Bretagne et tout ce qu'elle représente pour ses habitants ?

Je sens que je ne vais pas tarder à développer ce point. Et sans doute un autre sur le droit des États à disposer des peuples...

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