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Une région fusionnée "Bretagne - Pays de la Loire" aurait beaucoup de mal à remettre en cause d'une même voix un trajet Brest - Bordeaux comme celui-ci, que propose de plus en plus la SNCF.

Une région fusionnée "Bretagne - Pays de la Loire" aurait beaucoup de mal à remettre en cause d'une même voix un trajet Brest - Bordeaux comme celui-ci, que propose de plus en plus la SNCF.

Les adversaires de la réunification de la Bretagne s'abritent souvent derrière une argumentation à prétention économique, qui s'opposerait à une sorte de nostalgie historique et sentimentale, tout juste bonne à être "dépassée".

Le texte ci-après repend une réponse que j'ai faite sur Facebook à un interlocuteur qui formulait des observations de ce type, et qui m'a paru être d'assez bonne foi pour que je me fende moi-même d'une réponse argumentée, dont il m'a remercié.

Il concluait son propos en considérant que ce genre de question ne pouvait être tranchée sérieusement aussi vite.

Je me donne maintenant la parole :

"Je souscris fortement à ton dernier point, en observant néanmoins qu'on a déjà eu longtemps, longtemps, longtemps pour y réfléchir.

Mais qui s'est opposé au véritable engagement de cette réflexion ? Et préfère les accusations de passéisme et de repli identitaire, qui permettent d'enliser immédiatement le débat et de le caricaturer à loisir ?

(...) Considérons la liaison Brest-Bordeaux (un peu plus de 600 km). Les modalités prioritairement proposées par la SNCF sur Internet invitent les usagers à passer par Paris, avec correspondance à Montparnasse : la durée du trajet (environ 1200 km) est moins longue !
Soit ! Au niveau individuel, c'est une question d'appréciation.
D'un point de vue écologique, c'est déjà plus discutable (je ne développe pas).
D'un point de vue économique, les conséquences sont lourdes et en gros les suivantes :
. la grande région contournée ne bénéficie pas de ce tracé (et les quelques emplois qui lui sont sans doute liés vont à Paris),
. le volume du trafic sur les lignes Paris-Brest et Paris-Bordeaux augmente, justifie la centralisation accentuée du trafic, par l'accroissement de ses fréquences et de sa vitesse, ainsi que la création ou le transfert d'emplois à Paris ou à proximité,
. les activités localisées le long du trajet "naturel" Brest-Nantes-Bordeaux ne bénéficient pas de la desserte qu'elles avaient ou pouvaient avoir, les prospecteurs économique de Lorient, Vannes ou Niort ne pourront faire un atout de cette liaison en déclin,
. la liaison devient en effet obsolète, son abandon se profile, les emplois existants sont précarisés, les emplois potentiels réorientés vers les nouveaux pôles de développement du Grand Paris.
Question :
Quelle région sera la plus motivée pour porter - en l'occurrence avec les régions d'Aquitaine et de Poitou-Charente ou ce qu'elles seront devenues - le dossier de la modernisation de la liaison ferroviaire atlantique (objectif raisonnable par exemple : 150 km/h de moyenne en kilométrage utile, au lieu de ...75 km:h aujourd'hui, soit le trajet en quatre heures au lieu de huit) ?
. une région fusionnée Bretagne - Pays de la Loire, dont les deux axes majeurs convergent vers Paris ? Et qui de plus sera confrontée à des choix alternatifs pour d'éventuels trajets nord-sud la traversant ?
. la région Bretagne à cinq départements, pour laquelle Brest - Nantes et Nantes - Rennes sont deux axes essentiels, de même que l'activité des sous-régions qu'elles desservent ?
Ma première conviction est que la seconde réponse est la seule qui permette de faire bouger l'ordre actuel des priorités.
Ma seconde conviction est que cette solution sera combattue par les tenants de ces priorités , qui préfèreront esquiver encore la question, en la cachant dans les plis du drapeau de la République une et indivisible, porteuse de l'égalité de tous les citoyens."

On peut ajouter que, selon toute vraisemblance, ce choix, par ses conséquences sur la vitalité d'un pôle économique breton tri-polaire, n'aura que des retombées positives sur les départements voisins et sur l'image extérieure de la Bretagne.

A l'évidence, la surface, la population et la position géographique d'une "capitale" ne sont pas tout : ce qui compte vraiment, ce sont les flux créés ensemble entre toutes les parties d'une région et avec les autres régions.

Il n'y a pas photo.

Et ce n'est qu'un exemple, tant les domaines d'action concertée abondent dans Bretagne réunifiée : commerce maritime, construction et réparation navales, pêche et cultures marines, tourisme littoral ou historique, énergies éolienne et marine entre autres, beaucoup moins présents - il faut en convenir - à Laval, au Mans, à Saumur ou à Fontenay-le-Comte...

Tag(s) : #Réunification

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