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Assemblage personnel et un peu laborieux de trois photos.

Assemblage personnel et un peu laborieux de trois photos.

Quand Auxiette s’époumone à crier "Annexion ! Annexion !" lorsque les populations de toute la Bretagne souhaitent vivre dans une même région, quand il sonne le tocsin pour "repli identitaire" lorsque les Bretons insistent sur cette volonté de vivre ensemble, quand il hurle au "démantèlement des Pays de la Loire" lorsqu'on envisage de répartir entre ses voisines la "région" la plus mal vécue de France, quand tous les députés socialistes sont convoqués par Ayrault pour qu'ils votent "bien" dans quelques heures ou quelques jours pour la "fusion" des régions Pays de la Loire et Bretagne, quand ses amis au gouvernement renvoient les changements de région pour un département à un "droit d'option bidon" qui subordonne ce changement à l'accord de ce département et de la région d'accueil - ce qui est compréhensible - mais aussi à celui de la région de départ, ce qui fait de la porte de sortie un trompe-l'oeil-pour-demeurés,

Etc, etc.

Quand on constate cet affolement dans la basse-cour et qu'on entend ces messieurs-dames et leurs ami(e)s affirmer la main sur le cœur que ce n'est pas le découpage des régions qui est la chose importante, mais leurs "compétences" et leurs "moyens", on hésite entre le fou-rire et la paire de baffes.

Les compétences, quelles compétences ?

La vérité c'est que nous ne sommes pas du tout en train de commencer le débat sur la réforme territoriale. Il a commencé sous Sarkozy, s'est poursuivi sous Hollande et arrive maintenant dans sa phase finale. Et j'ose dire, si nous laissons faire, dans sa phase terminale.

Les "réformes Sarkozy" de la fiscalité locale, avec le transfert à l'État des taxes les plus productives, les gels et diminutions des dotations budgétaires, la mise en cause de la clause de compétence générale des collectivités, la fusion entre élus départementaux et régionaux, tous les élus de gauche les ont condamnés ...pour les voir maintenus et aggravés sous les gouvernements de gauche. Comme si ce n'étaient pas des débats à rouvrir depuis 2012 sur les compétences et les moyens !

Au lieu de cela, silence gêné dans les rangs.

Pire. Alors que le Gouvernement Ayrault s'était pourvu d'une "ministre de l'égalité des territoires" et d'une "ministre de la décentralisation", on a vu les projets sarkozyens de Grand-Paris confirmés sans le moindre débat sur le rôle de la capitale et de sa région, et les Franciliens être seuls à pouvoir s'exprimer ("Le Grand Paris, avec et pour les Franciliens"). Et les autres ? Bons à payer, à travers leurs impôts et surtout les flux quotidiens d'une économie hyper-centralisée ? Sans avoir à dire leur mot sur la coûteuse desserte ferroviaire et aérienne via Paris de leurs territoires.

Il était dès lors dans l'ordre des choses qu'on pousse sous le tapis "L'Acte III de la Décentralisation". Il semblait pourtant que c'était - en principe ouverte depuis plus de deux ans - une intéressante possibilité de débattre des compétences et des moyens ?

Alors, comment s'étonner que ces Jacobins anachroniques préfèrent éviter d'ouvrir pleinement son droit de vivre à une Bretagne enfin réunifiée, qu'aucune agressivité initiale ne motive, mais dont la colère croissante est alimentée par tous ces faux-fuyants et autres alibis mensongers ?

Cela peut permettre de retarder des débats indispensables, mais pas d'éviter les dégâts correspondants.

L'impossible ouverture de la France à des composantes qui ont toutes leur mot à dire sur son avenir et sur le leur est au coeur de cette problématique.

Tag(s) : #Territoires, #Centralisation

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