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Saint-Nazaire, avril 1977 : seconde manifestation de grande ampleur pour la réunification de la Bretagne, accueillie par le maire Étienne Caux et (notamment) le futur ministre Claude Évin (entouré de blanc, au centre). Photo communiquée par H. Chémereau.

Saint-Nazaire, avril 1977 : seconde manifestation de grande ampleur pour la réunification de la Bretagne, accueillie par le maire Étienne Caux et (notamment) le futur ministre Claude Évin (entouré de blanc, au centre). Photo communiquée par H. Chémereau.

Mai 1977, c'est la mi-mandat de Giscard d'Estaing, et le parti socialiste fait flèche de tout bois pour tenter de ravir à la droite la majorité à l'Assemblée nationale (élections en 1978) et le pouvoir présidentiel (élection de 1981). Pour la majorité parlementaire, il faudra attendre la dissolution qui suivra la victoire présidentielle de François Mitterrand en mai 1981.

Mais les élections législatives de1978 verront accéder au Parlement - sur le siège de son vieux camarade Georges Carpentier - le jeune Nazairien Claude Évin, éducateur spécialisé de 29 ans, issu du Parti socialiste unifié (PSU), adjoint du maire socialiste de la Ville, Étienne Caux, lui-même successeur de François Blancho (maire de sa ville natale pendant 39 ans, en quatre épisodes dont deux très longs, entre 1925 et 1968).

Parmi les bois à flèches électorales utilisés largement pendant la période 1976 - 1982 par le parti socialiste, il y a la langue et la culture bretonne, et bien entendu la réunification de la Bretagne.

Des vœux ont été adoptés par les conseils municipaux de Rezé, Saint-Nazaire, Le Pouliguen, Erbray, Lorient, Saint-Brieuc, Brest, Quimper, Saint-Malo et des dizaines d'autres en faveur de cette réunification. Jacques Floch s'est exprimé au nom de la fédération du PS lors de la première manifestation pour l'Unité, en 1976, pour la soutenir bien sûr. Et en 1977, la seconde manifestation, organisée à Saint-Nazaire, a accueilli derrière sa banderole de tête le futur député et futur ministre Claude Évin (entouré sur la photo).

La conviction réunificatrice de Claude Évin semble avoir perdu en force en raison inverse de son ascension dans les sphères du pouvoir. Michel Phlipponneau, géographe de haut niveau universitaire, pilier du CELIB, qui fut le premier adjoint d'Edmond Hervé à la mairie de Rennes, m'avait confié à l'occasion d'une des nombreuses manifestations pour l'Unité auxquelles il a participé, que Claude Évin, devenu président de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée, l’avait un jour pris par le bras pour lui confier qu'il convenait désormais de "mettre la pédale douce" sur la question de la réunification.

Ainsi ont évolué les convictions de certains à l'intérieur d'un parti auquel sa conversion "bretonne" et régionaliste de la fin des années Giscard avait valu un surcroît sensible de popularité sous nos cieux, au point que ses scores "bretons" ultérieurs lui ont plusieurs fois sauvé la mise lors d'élections capitales.

De la régionalisation timide - et aujourd'hui très menacée - de 1982 aux gesticulations suicidaires des derniers mois à propos de la réunification de la Bretagne, le Parti socialiste n'a pas cessé de gaspiller ce capital historique de sympathie, sans doute en partie usurpé, dans un éloignement progressif du peuple qui rejoint celui qu'on peut observer dans tant d'autres domaines (autonomie des collectivités locales, fiscalité, commerce international, etc).

Avril 1977 : Claude Évin en tête de la manif pour la réunification
Tag(s) : #Histoire, #Réunification

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