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D'après une photo de presse de Jean-Luc Mélenchon et une photo de Sean Connery en kilt.

D'après une photo de presse de Jean-Luc Mélenchon et une photo de Sean Connery en kilt.

Le référendum arraché par l'Écosse sur son indépendance ouvre une brèche dans la tranquille assurance des États-Nations d'Europe occidentale sur leur pérennité. L'immense et durable mobilisation des Catalans sur un objectif identique souligne la fragilité croissante des murailles. En arrière-plan local, la colère bretonne victorieuse de 2013 contre une écotaxe imbécile et injuste, et en 2014 les grotesques crispations et palinodies nationalistes des jacobins français contre la réunification de la Bretagne témoignent de la même fragilité de constructions étatiques bâties sur la négation et l'aliénation de grands peuples européens qui ne demandent qu'à vivre reconnus et solidaires.

Au Royaume-Uni, après avoir agité des épouvantails de papier pour appeler à une réponse négative au référendum, Londres arrache fébrilement l'un après l'autre les joyaux de la couronne pour acheter ce Non. En Espagne, Madrid espère encore tenir derrière les remparts d'un droit fait par la capitale et pour elle. Et la France sort son Mélenchon subtil pour applaudir à l'indépendance de l'Écosse et distinguer sans rire le cas des royaumes qui seraient fragiles par construction, de celui de la République une et indivisible, unie par l'amour que se portent les patriotes entre eux.

L'heure n'est pourtant plus à rire, même des dérisoires contrefeux allumés dans la presse régionale contre un "effet domino" qui, parti d'Écosse, est déjà perceptible en Catalogne et sera ressenti dans toute l'Europe : en Flandre, au Pays Basque et partout où l'autonomisme (...) s'affirme "pour des raisons fiscales, culturelles ou, plus généralement, identitaires". Que ceux qui ont cru lire quelque part "Bretagne" dans cet extrait un peu allégé de l'éditorial du quotidien Ouest-France (12 septembre) recherchent les éditos du même journal défendant vigoureusement le droit des Bretons à leur unité territoriale, à leurs droits culturels et linguistiques, à leur liberté de se déplacer sans passer par Paris, à la maîtrise de leur épargne, etc. Bonne pêche !

Monarques héréditaires ou cooptés à travers de scandaleux détournements de démocratie (cumul des mandats entre autres), les tenants du pouvoir dans les grands États-Nations d'Europe occidentale ont bien raison de paniquer en paradant dans les vestiges tremblants d'empires anachroniques.

La manière suicidaire dont ils ont traité et traitent encore l'existence et la dignité des peuples qu'ils ont asservis à leurs intérêts (en France : Grand Paris, lignes ferroviaires et aériennes en étoile ramenant les richesses vers les déjà plus riches d'Île-de-France, régions définies autour de ces lignes, système d'information contrôlé par la capitale...) commence à apparaître comme l'un des plus puissants facteurs de leur destitution.

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