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Lancés à grands renforts de publicité intra-francilienne, les chantiers mégalomaniaques du Grand Paris n'ont jamais fait l'objet du grand débat national que mérite le rôle d'une capitale qui coûte chaque année aux Français plus de 30 % de leurs ressources.

Lancés à grands renforts de publicité intra-francilienne, les chantiers mégalomaniaques du Grand Paris n'ont jamais fait l'objet du grand débat national que mérite le rôle d'une capitale qui coûte chaque année aux Français plus de 30 % de leurs ressources.

Les publicités rédactionnelles consacrées au Grand Paris ne cessent de mettre en valeur le fait que l'Île-de-France générerait plus de 30 % du produit intérieur brut français, formule traduite aussi par "plus de 30 % des richesses produites en France". J'ai déjà eu l'occasion de faire plusieurs mises au point à ce sujet :

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le produit intérieur brut (PIB) d'une région n'est pas constitué des biens et des services concrets produits dans cette région : personne ne sait en effet additionner des routes, des carottes et des heures d'enseignement... Il faut passer par une comptabilité en monnaie (les euros, généralement, en France). Alors, on peut totaliser les valeurs ajoutées de tous les secteurs économiques, ou bien les coûts de production, ou bien les revenus distribués à l'occasion des tâches de production. En gros, tout cela revient au même : c'est la même valeur qui, produite d'un côté, est encaissés ou dépensée d'un l'autre, selon la place (variable) qu'occupent les uns et les autres dans le circuit économique.

Par des formulations comme celles qui ouvrent cet article, le discours "Paris, locomotive de l'économie française" camoufle pour ses auditeurs ou ses lecteurs le fait que le PIB est, bien plus que la mesure d'un vrai "produit", celle de la rémunération des actes de production. Pour être clair, le PIB mesure globalement la rémunération du travail effectué (les traitements et salaires) et celle des capitaux engagés dans l'activité de production (les bénéfices ou les dividendes).

Ces précisions apportées, on comprend que la comparaison entre plusieurs PIB ne peut s'interpréter comme une comparaison de volumes de biens et de services mis sur le marché. Elle est bien davantage, dans certains cas, la comparaison du niveau des rémunérations consenties aux producteurs, ou qu'ils s'accordent à eux-mêmes s'ils sont en situation de le faire.

C'est flagrant dans le cas de la France.

Compte tenu de la place très privilégiée que la logique jacobine accorde à Paris au centre des réseaux français de transports, de services financiers, d'informations, de décisions, il n' y aucun sens à comparer le volume des biens et services "produits" par l'Île-de-France avec le volume des biens et services produits dans le reste du territoire.

La comparaison fait massivement ressortir au contraire la disproportion entre les rémunérations accordées aux agents économiques franciliens et celles accordées aux agents économiques du reste de la France. La part du PIB "générée en Île-de-France" reflète la part des dividendes, super-dividendes, stock options, parachutes dorés, traitements et salaires mirobolants, etc, concentrés dans cette région et dont les titulaires sont en position de décider entre eux de leurs montants.

Nous sommes dans un cas flagrant de parasitisme. La France entière travaille pour produire ces rémunérations qui ne sont pas d'une grande utilité pour le reste du territoire.

Économiquement, l'Île-de-France est bien plus un boulet qu'une locomotive ! Et le Grand Paris est une ponction insensée sur les ressources du pays pour développer et pérenniser cet avantage, qu'il ne fera qu'aggraver.

Le graphique de la page suivante montre l'ampleur des distorsions entre Paris et les Hauts-de-Seine d'une part, et le reste de la France d'autre part, en ce qui concerne le niveau des salaires et traitements moyens et le niveau des dividendes (revenus de capitaux mobiliers) d'autre part.

Ce sont ces distorsions qu'on retrouve entre les PIB par habitants de l'Île-de-France et du reste de la France : un écart moyen de + 94 %, et n'oublions pas pourtant que l'Île-de-France est l'une des régions où les revenus et les patrimoines sont les plus inégalement répartis !

Il n'est pas difficile d'imaginer que ceux qui en bénéficient tiennent à la centralisation comme à la prunelle de leurs yeux !

Le centre riche de l'Île-de-France concentre à la fois les plus hauts traitements et salaires et les plus gros volumes de revenus des capitaux (dividendes, bénéfices).

Le centre riche de l'Île-de-France concentre à la fois les plus hauts traitements et salaires et les plus gros volumes de revenus des capitaux (dividendes, bénéfices).

L'Île-de-France, locomotive économique ? A pédales, alors...
Tag(s) : #Economie, #Centralisation, #Finances locales

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