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Jean Amyot d'Inville, premier directeur de la Communication des Pays de la Loire, fondateur du Centre de Communication de l'Ouest. En principe retraité depuis 2002, il anime l'Observatoire des Médias de Nantes. Autres emplois : Bayard presse, Schneider, Serice d'Information des Armées. "Grande famille" comptant de nombreux morts pour la France au siècle dernier.

Jean Amyot d'Inville, premier directeur de la Communication des Pays de la Loire, fondateur du Centre de Communication de l'Ouest. En principe retraité depuis 2002, il anime l'Observatoire des Médias de Nantes. Autres emplois : Bayard presse, Schneider, Serice d'Information des Armées. "Grande famille" comptant de nombreux morts pour la France au siècle dernier.

Jean Amyot d'Inville ne fait pas partie des personnes que j'ai plaisir à affronter. C'est un homme dont j'ai pu apprécier la courtoisie - brièvement, mais ce n'est pas sa courtoisie qui fléchit dans la durée ! - et d'autres qualités, personnelles et, je crois qu'on peut le dire, familiales.

Bon, je monte quand même au créneau de bon cœur, car Jean y va très fort, ce matin dans la rubrique Nantes Forum des pages nantaises d'Ouest-France.

Celui qui fut - il le rappelle - le premier "Dircom" des Pays de la Loire, patron notamment du "magazine régional" dans le sillage d'Olivier Guichard, nous fait tout simplement visiter sa collection de poncifs pro-Pays de la Loire et donc "anti-Réunification". Dans quelques années, si ce n'est déjà, il en sourira évidemment lui-même mais, pour le quart d'heure, c'est notre tour ! Et excusez du peu :

Démarrant sur la manifestation du 27 septembre à Nantes, il y a vu sans plus (première ligne) "des milliers" de personnes, qu'il dit "originaires des quatre départements bretons" (deuxième ligne) sans préciser ses sources ni justifier son chiffre de quatre, qui relève dans un tel contexte de la pure provocation.

Il fait entrer en jeu la langue bretonne, feignant de s'intéresser (11ème ligne) au nombre de Nantais qui parlent breton (comme si c'était le sujet).

Sautant - si l'on peut dire - de marronnier en marronnier1, il regrette (16ème ligne) qu'on ne pose pas la question de la "capitale" de la Bretagne réunifiée (comme si les Bretons étaient assez niais pour penser que le lieu d'exercice du pouvoir régional était plus important que ce pouvoir lui-même et son ressort géographique !).

A la 22ème ligne, il agite les liens très forts entre la Loire-Atlantique et la Vendée, et/ou le Maine-et-Loire, que la réunification ne menace en aucune façon, puisque ces liens sont essentiellement liés à des proximités géographiques qui resteront ce qu'elles sont quoiqu'il arrive, alors que l'identité bretonne de la Loire-Atlantique et ses implications vont bien au-delà des kilomètres qui séparent Pornic de Muzillac... ou Saint-Nazaire de Lorient et Brest ! La lecture des pages régionales d'Ouest-France est à cet égard des plus convaincantes.

A la 32ème ligne, l'ami Jean constate que sa qualité de Dircom des Pays de la Loire pendant sept ans l'a fait considérer comme un traitre. Il s'en défend ...en arguant de ses origines bretonnes, du nom en "Ker" de sa mère, des propos de vacances de sa grand-mère, de la tri-bretonnité de son épouse... N'en jetez plus ! Re zo re ! Être ou n'être pas Breton n'a jamais été la question, qui est : qu'as-tu fait pour la Bretagne ou - mais c'est la même chose - qu'as tu fait pour lutter contre ceux qui veulent la faire disparaître, ne serait-ce que (!) en Loire-Atlantique ? Et là, Jean, tu ne laisses pas de place à l'hésitation !

A la 55ème ligne, Jean Amyot d'Inville nous inflige la parabole du granit breton et du tuffeau angevin, qui se conjugueraient historiquement à Nantes dans les murs du Château des Ducs de Bretagne et ceux de la Cathédrale. Pitié, Jean, tu sais bien que ces pierres se bouffent l'une l'autre depuis des siècles et que ce n'est pas davantage le sujet : le granit et le tuffeau se conjuguent en bien d'autres lieux !

A la 58ème ligne, il enfonce avec énergie des portes grandes ouvertes en rappelant que Nantes est tournée vers le large (toute l'histoire de la Bretagne indépendante, puis autonome en témoigne en effet) mais est une ville de "Marche", carrefour de civilisations ce qui, sans insister outre mesure, est tout autant le cas - au hasard - de Marseille, qui n'en est pas moins une gande ville provençale !

A la 66ème ligne, il appelle à être "constructifs", à l'exemple de ...Jean-Marc Ayrault appelant à la fusion Bretagne - Pays de la Loire, comme si on pouvait construire un couple en niant l'identité d'un des conjoints !

A la 70ème ligne, il invite à "multiplier les partenariats", ce à quoi personne ne trouve à redire, la réunification étant plutôt un bon moyen de le faire sur des bases admises par le plus grand nombre.

Je vous fais grâce des lignes suivantes, qui ne valent pas un pet de Loire (pardon) : quelle importance accorder aux modalités de tri du courrier déposé en Loire-Atlantique dans les boîtes jaunes de La Poste ?

Bref, même se voulant in fine teinté d'humour, le petit pavé de Jean Amyot d'Inville n'atteint que son auteur, qui milite depuis quarante ans contre les aspirations à l'unité des Bretons.de toutes origines, nés entre Ouessant et Clisson, ou à Paris, ou à Meknès... Et qui en est encore aujourd'hui à répéter à la demande ses anciens discours...

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(1) - Nom donné aux thèmes d'articles de presse qui reviennent régulièrement année près année dans certains journaux : Les vrais salaires des cadres - Les Français(e)s et le sexe - La télé abrutit-elle vos enfants - etc.

Tag(s) : #Réunification, #Histoire, #Société

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