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Siège de Sanofi-Aventis à Paris. Photo JDN. Le journal du Net précise que la société distribue à ses actionnaires autour de 40 % de ses bénéfices. Le prix des médicaments est-il justifié ? Et que signifie l'affirmation des zélateurs du Grand Paris insistant sur le fait que l'Île-de-France "génère 30 % du PIB français" ?

Siège de Sanofi-Aventis à Paris. Photo JDN. Le journal du Net précise que la société distribue à ses actionnaires autour de 40 % de ses bénéfices. Le prix des médicaments est-il justifié ? Et que signifie l'affirmation des zélateurs du Grand Paris insistant sur le fait que l'Île-de-France "génère 30 % du PIB français" ?

Le nom de la SANOFI-Aventis, première société pharmaceutique française et jusqu'à ces derniers jours première société du CAC 40, a fait cette semaine les titres de la presse économique avec l'éviction de son directeur général par son Conseil d'Administration. Mais cette péripétie n'est pas l'objet du présent article.

La SANOFI-Aventis est née en 2004 d'une OPA (offre publique d'achat) de Sanofi sur Aventis (autre grande société pharmaceutique). Bien qu'elle se soit fortement endettée pour réaliser cette opération, la SANOFI dégageait, moins de cinq ans plus tard, un résultat net1 de 9 milliards d'euros2 pour un chiffre d'affaires de 28 milliards, soit près de 30 % de marge nette. Relevé en 2011 par la MGC (Mutuelle Générale des Cheminots) à partir des comptes de l'année 2009, ce résultat hors norme a conduit la Mutuelle à élargir l'étude à 14 sociétés françaises ou internationales3 leaders dans le domaine.

L'étude4 fait ressortir d'une part un résultat net moyen du même ordre, en augmentation partout, d'autre part que la France est championne toutes catégories pour la dépense en produits pharmaceutiques5.

Il est intéressant de remarquer à ce stade que le coût de recherche & développement en matière de médicaments se situe autour de 16 % de leur prix - dont moins de 2 % pour la recherche fondamentale, tellement mise en avant dans les discours professionnels - mais que les frais généraux, de vente et d'administration - dont la rémunération des dirigeants et actionnaires - dépassent 27 %.

Compte tenu de l'extraordinaire concentration dans la région parisienne des chefs de file de l'industrie pharmaceutique, cet aspect des choses nous ramène au discours démagogique des promoteurs du Grand Paris, qui soulignent à l'envi que le développement de cette région doit être favorisée, parce qu'elle "génère 30 % du produit intérieur brut (PIB) français".

Eh! bien, toutes ces dépenses de publicité, de commercialisation, de rémunération des actionnaires et dirigeants, qui n'ont que peu à voir avec une réelle activité de production, s'intègrent en toute simplicité dans le calcul du PIB francilien dont ils constituent une part , et ce qui est vrai pour l'industrie pharmaceutique (ou chimique : L'Oréal de Mme Bettencourt) est vrai pour toute une série de secteurs dits "à haute valeur ajoutée", et plus généralement pour toutes les sociétés qui distribuent à leurs actionnaires de généreux dividendes et à leurs hauts dirigeants de confortables traitements.

Pour ces heureux privilégiés et les élus qu'ils parrainent, le Grand Paris est l'assurance que "la République" restera bonne fille.

____________________

(1) - En France : bénéfice après impôt sur les sociétés.

(2) - Pour situer ce chiffre de 9 milliards de résultat net annuel de Sanofi, on peut le comparer au total de la baisse des dotations de l'État aux collectivités locales d'ici à 2017 : 10,5 milliards d'euros.

(3) - Abbott, Amgen, Astra-Zeneca, Bayer, C.H. Boehringer, BMS (Bristol-Myers-Squibb), Eli-Lilly, GSK (Glaxo-Smithline-Kline), Johnson and Johnson, Merck, Novartis, Pfizer, Roche, Sanofi-Aventis.

(4) - Voir l'article de Marie Allier, publié sur le site Ouvertures, le temps du citoyen.

(5) - La France est loin d'être aussi en pointe sur le contrôle de l'efficacité et de la non-dangerosité des médicaments avant mise sur le marché ou pour la formation des médecins en matière de prescriptions.

Tag(s) : #Economie, #Centralisation, #Inégalités

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