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Résumé concluant dans Le Monde daté du 31 janvier 2015 (pages Culture et Idées) le très bon article "Les mots biaisés de Marine Le Pen", dans lequel Frédéric Joignot rend compte de l'analyse par Cécile Alduy, professeur à l'université Standford§t, des propositions notamment constitutionnelles de la présidente du Front national.

Résumé concluant dans Le Monde daté du 31 janvier 2015 (pages Culture et Idées) le très bon article "Les mots biaisés de Marine Le Pen", dans lequel Frédéric Joignot rend compte de l'analyse par Cécile Alduy, professeur à l'université Standford§t, des propositions notamment constitutionnelles de la présidente du Front national.

Que Marine Le Pen propose la suppression du Sénat n'a rien de très émouvant : elle n'est ni la première ni la seule. La suite conduit cependant à se souvenir que le Sénat joue un rôle - pas toujours positif, mais réel - dans les processus de révision de la constitution.

Quand elle propose l'abrogation du pouvoir constitutionnel de l'Assemblée, on se demande un peu où elle va, et on finit par se dire que c'est peut-être pour s'affranchir des majorités qualifiées permettant de modifier la Constitution.

On se retrouve en terrain connu quand elle demande l'abrogation des lois Pleven et Gayssot sur la discrimination et les propos racistes. Même observation à propos de l'inscription de la "préférence nationale" dans la Constitution

Quand on rapproche cela de la volonté de limiter les pouvoirs du Conseil constitutionnel en matière de conformité des lois à la Constitution, on en déduit sans peine qu'elle entend bien éliminer les obstacles que le droit interne pourrait mettre en travers de l'application de son "programme".

Quand elle ajoute qu'elle veut "renégocier la Convention européenne des droits de l'homme", il est clair qu'elle envisage de réserver le même sort aux obstacles externes.

Mais quand on tente un bilan rapide des modifications suggérées, on  ne se demande même plus où elle entend s'arrêter.

Mon analyse est claire. elle n'entend pas s'arrêter en si bon chemin. Si jamais ses thèmes populistes de prédilection lui permettaient d'accéder au pouvoir et d’obtenir un desserrement des contrôles de constitutionnalité, on verrait vite s'y engouffrer des atteintes encore plus graves aux libertés. La porte serait largement ouverte à une rapide évolution vers un régime dictatorial.

La conclusion de l'article du Monde est à cet égard dramatiquement faiblarde : ce n'est pas seulement avec celui de la Vème République que le "républicanisme de Marine Le Pen" n'a rien à voir !

Le républicanisme à la française est déjà passablement éloigné de la démocratie. On l'a encore vu lors de la farce jacobine de la récente "réforme territoriale". Une inspiration ultra-centralisatrice qui glisse aussi aisément du détournement de la Révolution au découpage autoritaire des "régions" en passant par le Directoire, deux Empires, les Restaurations, cinq Républiques et l'État français de Vichy n'est à l'évidence pas le meilleur rempart contre les pires dérives autoritaires. Il faut - dès les élections de 2015 - en tenir compte dans nos choix.

Mais ce n'est assurément pas du côté de Le Pen qu'il faut chercher le bon modèle !

Tag(s) : #Politique, #Société, #Discriminations, #Centralisation, #Réunification

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