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Alors qu'un nouvel ouvrage, consacré à ses "portraits" vient de sortir aux éditions du CNRS, le grand Albert MEMMI répond dans le dernier "Peuple breton" aux questions de Gael Briand. A 94 ans, l'auteur de "L"Homme dominé" (arrière-plan de la photo) expose la genèse de son oeuvre anti-colonialiste et, sereinement, en examine l'actualité. Un plaisir de l'intelligence et du coeur.

Alors qu'un nouvel ouvrage, consacré à ses "portraits" vient de sortir aux éditions du CNRS, le grand Albert MEMMI répond dans le dernier "Peuple breton" aux questions de Gael Briand. A 94 ans, l'auteur de "L"Homme dominé" (arrière-plan de la photo) expose la genèse de son oeuvre anti-colonialiste et, sereinement, en examine l'actualité. Un plaisir de l'intelligence et du coeur.

Lorsque Albert Memmi voit le jour à Tunis en décembre 1920, la Tunisie est un protectorat français. La langue de la famille est l'arabe, mais ses parents sont tous deux Juifs, son père - artisan bourrelier - d'origine italienne, sa mère d’origine locale. Son parcours scolaire le conduit de Tunis à Alger, puis à la Sorbonne. Après l'indépendance, ne pouvant trouver de travail en Tunisie malgré son soutien au mouvement d'émancipation du nouvel État, il poursuit ses études en France.

Il publie un roman, la Statue de sel, en 1953, préfacé par Albert Camus. Il publiera plus tard deux volumes d'une Anthologie des littératures maghrébines, et bien d'autres ouvrages.

Mais la célébrité lui est acquise en 1957 par la publication du Portrait du Colonisé, préfacé par Jean-Paul Sartre. Il met en lumière dans ce livre et dans le Portrait du Colonisateur comment la relation de colonisation conditionne à la fois le colonisateur et le colonisé.

Les trois pages d'entretien accordées par Albert Memmi à mon camarade Gael Briand éclairent de manière à la fois chronologique et logique le parcours de cet écrivain, qui n'hésite pas à s'exprimer - sans s'y appesantir mais clairement - sur les combats de la Bretagne. La phrase citée en titre de cet article en témoigne. Mais on lit aussi ce lucide et subtil paragraphe :

"La Révolution française a été une révolution nationale. Elle a voulu imposer la langue française et le pouvoir central. Si bien qu'il y a dans la conduite de l'État centralisé vis-à-vis de ses administrés quelque chose qui ressemble à la colonisation. Mais il faut distinguer les relations coloniales et les spécificités."

Si vous ne connaissez pas Le Peuple breton - ou Albert Memmi - cet article - et plus généralement ce numéro - est une superbe occasion de faire leur connaissance. Je vous glisse même un bulletin d'abonnement en fin d'article... Bonnes lectures !

C'est à l'occasion de la parution de cet ouvrage consacré principalement aux Portraits (édition génétique et critique, sous la direction de Guy Dugas - Février 2015, broché, 45 €) que Le Peuple breton a rencontré Albert Memmi.

C'est à l'occasion de la parution de cet ouvrage consacré principalement aux Portraits (édition génétique et critique, sous la direction de Guy Dugas - Février 2015, broché, 45 €) que Le Peuple breton a rencontré Albert Memmi.

Aller plus loin avec Albert Memmi ?

 

Pour une étude fine de la pensée d'Albert Memmi, on peut se plonger avec un peu de formation, de curiosité et de courage dans :

"Avant-propos aux textes d'Albert Memmi - sociologie des rapports entre colonisateurs et colonisés et portraits du décolonisé arabo-musumlan et de quelques autres"

par Catherine Déchamp - Le Roux

à l'adresse suivante :

http://sociologies.revues.org/2916

L'ouvrage qui est en train de sortir (éd. CNRS) doit aussi être intéressant, mais je ne peux encore en parler, faute de l'avoir déjà lu !

Bulletin d'abonnement au Peuple breton - A découper, remplir et envoyer à l'adresse indiquée accompagné du paiement.

Bulletin d'abonnement au Peuple breton - A découper, remplir et envoyer à l'adresse indiquée accompagné du paiement.

Tag(s) : #Centralisation, #Histoire, #Discriminations, #Société

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