Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Evolution du nombre des voix obtenues dans la quatrième circonscription du Doubs (Sochaux - Pont-de-Roide) par les quatre principales familles politiques idéntifiables lors des premiers tours des élections législatives de 2007et 2012 (élections générales) et 2015 (élection partielle).

Evolution du nombre des voix obtenues dans la quatrième circonscription du Doubs (Sochaux - Pont-de-Roide) par les quatre principales familles politiques idéntifiables lors des premiers tours des élections législatives de 2007et 2012 (élections générales) et 2015 (élection partielle).

L'élection législative de Sochaux, rappelons-le, est une élection partielle, c'est-à-dire que cette élection ne concerne pas toutes les circonscription de France mais, ici, une seule, le député sortant de la 4ème circonscription du Doubs - Pierre Moscovici - étant devenu l'un des commissaires européens. Un poste - notons-le au passage avec ce qu'il faut de malice - moins exposé aux aléas politiques hexagonaux.

Le graphique ci-dessus ne concerne que les résultats en nombre de voix des quatre familles politiques identifiables lors des premiers tours de 2007, 2012 et 2015. Il y avait dix autres candidats en 2007, huit autres en 2012 et neuf autres en 2015, dont la moyenne des voix - décroissante sur la période - est de quelques centaines, ce qui rendrait la traduction graphique illisible.

Ce graphique ne porte donc pas sur les pourcentages, ce qui modifie sensiblement la perception et l'analyse des résultats.

La première réalité que reflètent les courbes correspondantes est l'effondrement différencié de l'assise électorale de l'UMP et du PS. L'UMP, en effet, voit le nombre de ses électeurs s'effondrer principalement pendant la présidence Sarkozy, et le PS perd principalement les siens pendant la présidence Hollande. Le reflux moindre de l'électorat FN doit probablement être principalement attribué, lui, au caractère partiel de l'élection et à l'absence du pouvoir, mais il est néanmoins clair que la progression spectaculaire du FN en pourcentage traduit moins une réelle progression du nombre de ses électeurs que la part de plus en plus grande de ceux-ci dans la peau de chagrin des électeurs qui prennent la peine d'aller voter..

Dans le cadre limité de cet article de blog, je m'en tiendrai pour l'instant à ces premiers constats, et à un autre qui en dérive :

Le système politique français est à l'évidence à bout de souffle. Non pas forcément (ou pas seulement) en tant que Vème République, mais beaucoup plus profondément en tant que système bloqué depuis longtemps par un ensemble de mécanismes qui mettent les régimes successifs, quelle que soit leur forme, à l'abri de tout changement majeur d'orientation dans la répartition du pouvoir social et des richesses.

Depuis la Révolution, fruit pour une part de tares assez comparables, la France institutionnelle ne s'évertue-t-elle pas à centraliser ces richesses, ces pouvoirs et les moyens qu'ils donnent entre les mains de privilégiés réduits en nombre et en localisation, en traitant "d'ennemis de la République" ou de "l'unité nationale" celles et ceux qui, par leurs aspirations, leurs propositions, la simple revendication de leurs droits humains, lui paraissent menacer la pérennité de cet état de choses ?

On voit, sans surprise hélas, cette France institutionnelle s'efforcer, depuis les odieux assassinats du 7 janvier, de reformater la puissante et réconfortante solidarité humaine qui s'est manifestée dès les heures et jours suivants en "unité nationale" - dite "du 11 janvier" - dont les relents électoraux - à quelques semaines de élections départementales - feraient fuir les plus distraits des citoyens libres d'engagement partisan. Et même les autres !

Le besoin de rassembler - comme le démontrent en dernier lieu les résultats du Doubs - est en effet pressant pour ceux qui ont si efficacement fait le vide autour d'eux en ne relayant pas les aspirations de leurs électeurs, en considérant comme un dû gratuit le soutien de leurs alliés, etc.

L'unité nationale ? Il fallait sans doute y penser avant de qualifier de "casse-cou" la reconnaissance de l'intégrité territoriale de la Bretagne, de refuser le droit à l'existence politique de l'Alsace, de la Bretagne encore, de la Corse, etc, avant d'inscrire (en 1992 !) dans la Constitution que "la (seule) langue de la République est le français", de qualifier d'annexion ou de "repli identitaire" l'aspiration mutuelle des Bretons de Loire-Atlantique et des autres départements bretons à former une seule et même région, avant d'appliquer aux Roms un statut occulte d'exclusion, avant de reporter d'année en année la qualité d'électeurs des immigrés résidant depuis des années dans nos communes, avant de différer la ratification de la Charte européennes des Langues minoritaires, avant de baisser son froc devant "les marchés" ou pas. Une liste exhaustive serait trop longue. Mais le refus de l'Autre y tient une place de choix.

Aurions-nous tant besoin d'agiter des drapeaux sur fond de Marseillaise si la République avait tenu ses promesses ? Si sa perversion jacobine n'avait pas fait de cet espace d'ouverture et d'adhésion un enclos où prolifèrent les restrictions de droits, les files d'attente et les places réservées ?

Tag(s) : #Elections, #Centralisation, #Réunification, #Société, #Discriminations

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :