Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Révolution : les Bretons célébrés dans le douzième couplet de "La Carmagnole"

La chanson révolutionnaire "La Carmagnole", composée en 1792 après la chute des Tuileries - annonçant l'imminence de celle du Roi -  rend compte dans sa version originale de la popularité des révolutionnaires marseillais et bretons auprès de leurs homologues parisiens du moment.

Son douzième couplet est on ne peut plus clair :

Oui, je suis sans culotte, moi (bis)
En dépit des amis du roi (bis)
Vivent les Marseillois,
Les Bretons et nos lois.
Dansons la Carmagnole, etc

Les révoltes anti-féodales en Bretagne, le rôle actif des députés réunis dans le Club breton, (dont Le Guen de Kerangal1 qui justifiait les destructions de châteaux et de titres féodaux - "ces infâmes parchemins" - étaient ainsi salués par "des pairs en révolution", qui ne se prenaient pas encore pour les inspirateurs de celle-ci éclairant le peuple).

Ce couplet a curieusement disparu dès 1793, probablement à l'occasion de la "révolte fédéraliste" de l'été (en fait dirigée contre la pression croissante des sans-culotte parisiens, qui venaient de faire arrêter des députés girondins et confisquaient de fait la Révolution).

On trouvera un exposé plus complet, et un éclairage extraordinairement convaincant sur la période et sur la "parisianisation" de la Révolution française, en lisant "Paris accapareur !", une brochure passionnante de l'historien allemand Wolfgang Geiger, publiée par Ar Falz en 1989.

____________________

(1) - Député de la sénéchaussée de Lesneven. Caricaturé avec arrogance et mensongèrement par Michelet, (Histoire de la Révolution française, Livre II, chap. IV) que je cite d'après W. Geiger  :

"Un bas Breton, député inconnu, qui ne parla jamais ni avant ni après, M. Le Guen de Kerengal (sic) monte à la tribune et lit environ vingt lignes accusatrices et menaçantes. Il reprochait à l'Assemblée, avec une force, une autorité sigulière, de n'avoir pas prévenu l'incendie des châteaux, en brisant, dit-il, les armes cruelles qu'ils contiennent, ces actes iniques qui ravalent l'homme à la bête, qui attellent à la charrette l'homme et l'animal, qui outragent la pudeur..."

Michelet, ou pourquoi se priver du plaisir de ridiculiser un Bas-Breton tout en dénaturant ses propos, nettement plus longs et argumentés que ne le laisse penser "l'historien" Michelet.

Tag(s) : #Histoire, #Centralisation

Partager cet article

Repost 0