Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Résumé des sections et figures ci-après :

 

La centralisation des transports a entraîné celle des flux économiques et financiers.

La centralisation des flux a entraîné la concentration géographique des richesses et des riches (fig. 3).

Combinée avec l'enrichissement plus rapide des plus riches, cette concentration se traduit par un transfert colossal et accéléré des richesses vers le lieu de concentration maximal des flux (fig. 4).

Quand leur richesse croît, la part de patrimoine des plus riches croît plus vite que leurs revenus, et la part des actions dans le patrimoine croît plus vite que le patrimoine lui-même (fig. 1 et 2).

Propriétaire des sources d'enrichissement représentées par ces actions, les plus riches ont les plus grandes facilités à fixer eux-mêmes - ou entre amis - le niveau de leur rémunération.

La roue tourne depuis longtemps de la sorte, et c'est ainsi que l'Île-de-France en arrive à ponctionner 30 % du revenu intérieur brut français, en prétendant le produire ! Quelle est la production réelle de Liliane Bettencourt ?

Tels sont les principaux "secrets" de la mécanique économique française, et ceux de l'acharnement de ses bénéficiaires à préserver leurs privilèges en les pérennisant, sous couvert d'unité nationale et de principes "républicains" opportunément contraires aux démarches de rééquilibrage des territoires..

Fig. 1 - Le fil vert tendre nous dit (de gauche à droite) que 1 % de la population française dispose de 8 % du niveau de vie total (revenus), de 15 % du patrimoine et de ...52 % des actions (source de dividendes).- Graphique publié sur le site de l'a7ssociation Diacrisis (site en bas de graphique) à partir des données publiques collectées par l'INSEE.

Fig. 1 - Le fil vert tendre nous dit (de gauche à droite) que 1 % de la population française dispose de 8 % du niveau de vie total (revenus), de 15 % du patrimoine et de ...52 % des actions (source de dividendes).- Graphique publié sur le site de l'a7ssociation Diacrisis (site en bas de graphique) à partir des données publiques collectées par l'INSEE.

Les plus riches des Franciliens constituent et arrondissent leur fortune grâce à un ponctionnement permanent sur l'économie française (et aussi sur d'autres pays : ex-colonies ou pays du Sud principalement).

Le graphique ci-dessus est le premier d'une série qui - sans prétendre être exhaustive - va vous permettre de mieux comprendre comment ces riches Franciliens - une infime minorité de la population - construisent leur fortune à partir du travail et des ressources d'autres territoires, dont les nôtres.

Ce graphique montre que, plus les revenus sont importants, plus grosse est la part que leurs bénéficiaires peuvent consacrer - et consacrent ! - à l'acquisition et à la croissance de leur patrimoine.

Le tableau suivant, qui complète ce premier graphique, montre en effet comment, en dix ans (de 2001 à 2011), les bénéficiaires des plus hauts revenus de France ont vu ceux-ci croître beaucoup plus vite que ceux de des autres Français : de 0,9 % pour les plus bas revenus à 16,4 % pour les plus hauts !

Fig. 2 - Entre 2001 et 2011, les plus hauts revenus ont augmenté dix-huit fois plus vite que les plus bas (+ 16,4 % contre + 0,9 %).

Fig. 2 - Entre 2001 et 2011, les plus hauts revenus ont augmenté dix-huit fois plus vite que les plus bas (+ 16,4 % contre + 0,9 %).

Tableau publié par l'Observatoire des Inégalités à partir des données collectées par l'INSEE.

Fig. 3 - En permettant de localiser les plus hauts revenus, cette carte permet de localiser aussi les plus fortes progressions de ces revenus, et les progressions encore plus fortes des patrimoines correspondants, et celles encore plus fortes de la propriété des actions, qui traduit la propriété des entreprises...

Fig. 3 - En permettant de localiser les plus hauts revenus, cette carte permet de localiser aussi les plus fortes progressions de ces revenus, et les progressions encore plus fortes des patrimoines correspondants, et celles encore plus fortes de la propriété des actions, qui traduit la propriété des entreprises...

La localisation des hauts revenus en Île-de-France et dans les grandes villes "de province" ressort nettement de la carte ci-dessus. Sauf que...

Sauf que cette carte est trompeuse par ses options graphiques. Elle incite à penser que les revenus des grandes villes de province ne sont pas très éloignés des revenus de l'Île-de-France (vert foncé commun). Alors qu'ils sont en réalité beaucoup plus proches des revenus de leur environnement régional.

Pour déjouer cette impression, regardez de plus près le cartouche (cadre) de la légende.

Vous constatez qu'entre le minimum de la deuxième tranche de revenus "jaunes" et le maximum de la dernière tranche de revenus "verts", l'écart de revenus pris en compte va de 16 466 € à 27 576 €, soit six nuances de couleurs pour seulement 11 000 € de différence de revenus.

Au regard de cette différenciation riche en nuances, vous constatez (dernière ligne de la légende) que la dernière tranche de revenus identifiée va de 27 575 € de revenus à ...113 000 €, et qu'elle a donc une épaisseur quarante fois environ supérieure à celles des premières tranches !

N'importe quel étudiant en statistiques ou cartographie vous expliquera que ce changement d'échelle a comme effet - et probablement pour but ! - de renforcer la perception de différences notables entre les revenus de province, et d'atténuer au contraire la perception des différences beaucoup plus importantes entre les revenus de province et ceux de l'Île-de-France...

Fig. 4 - A l'intérieur de l'Île-de-France, les inégaltés de revenus sont considérables.La carte jointe fait ressortir les différences de revenus entre l'est et l'ouest franciliens. En vert foncé, on distingue nettement les secteurs qui réunissent l'ouest de Paris et l'est des Hauts-de-Seine et des Yvelines. C'est là (zones en vert foncé) que résident en majorité les bénéficiaires du système français de concentration des revenus et du patrimoine. Beaucoup de richesses pour peu de monde et peu de km²...

Fig. 4 - A l'intérieur de l'Île-de-France, les inégaltés de revenus sont considérables.La carte jointe fait ressortir les différences de revenus entre l'est et l'ouest franciliens. En vert foncé, on distingue nettement les secteurs qui réunissent l'ouest de Paris et l'est des Hauts-de-Seine et des Yvelines. C'est là (zones en vert foncé) que résident en majorité les bénéficiaires du système français de concentration des revenus et du patrimoine. Beaucoup de richesses pour peu de monde et peu de km²...

Cette dernière carte met donc la loupe au-dessus de la région où s'observe la plus grande concentration des très hauts revenus (dividendes, bénéfices, traitements hors du commun...).

Colorée au niveau des communes, elle nous montre qu'à l'intérieur même de l'Île-de-France, il y a de grandes disparités de revenus. L'Ouest de la région est franchement plus foncé que l'est, et son propre centre l'est davantage encore. C'est là, de l'ouest de Paris à l'est des Yvelines, en passant massivement par les Hauts-de-Seine chers aux Pasqua, Sarkozy, Balkany, Bettencourt que se trouve le cœur de la France richissime, des dividendes en or massif et des traitements et retraites qui défient l'imagination.

Notre jeu de cartes, graphiques et tableaux peut maintenant faire une pause.

Il traduit géographiquement, sans contestation possible, l'itinéraire français des richesses dégagées par les producteurs de base, la concentration des hauts niveaux de vie et, à partir de là des patrimoines et notamment des actions qui font le bonheur des Franciliens de grand luxe et de leurs familles.

On n'oubliera quand même pas pour terminer le rôle de la consommation dans ce processus de concentration des richesses. La grande distribution classique, la consommation des produits pharmaceutiques ou cosmétiques sur-payés (beaucoup de sièges dans les Hauts-de-Seine !), les crédits personnels..., sont autant de vecteurs des transferts de richesse.

Evidemment, sans la centralisation des flux de biens, de services et des capitaux, alimentée au départ par celle des transports et renforcée par celle des pouvoirs, ce bel édifice n(aurait jamais vu le jour et ne tiendrait pas débout.

Alors, que la "réforme territoriale" ait tourné en eau de boudin après la validation du Grand Paris de Sarkozy par le gouvernement Ayrault et que la ministre Lebranchu de la décentralisation amuse son public depuis trois ans ne peut étonner. L'argent rentre où on l'attend, et la bonne presse convainc le bon peuple qu'il faut faire des sacrifices...

Tag(s) : #Economie, #Inégalités, #Centralisation, #Histoire

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :