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Deux médicaments comparables en définition et en efficacité - mais très éloignés en coût ! - contre la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), qui touche 800 000 personnes en France.r

Deux médicaments comparables en définition et en efficacité - mais très éloignés en coût ! - contre la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), qui touche 800 000 personnes en France.r

Ce blog s'est fait une première fois l'écho, le 2 septembre 2012, de l'incroyable feuilleton médico-pharmaco-financier qui, depuis plusieurs années, arrondit la fortune des laboratoires - très liés - Roche et Novartis, au détriment des patients et de la sécurité sociale.

Pour des effets sur la DMLA jugés comparables par les praticiens, une injection mensuelle de Lucentis revient à plus de 800 €, tandis qu'une injection d'Avastin revient à 30 € environ !

Mais seul, le Lucentis -fabriqué par Roche qui en a cédé la commercialisation à Novartis dont il est actionnaire - bénéficie d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour des traitements ophtalmologiques. Autorisé pour certains traitements anti-cancéreux - son objet initial - l'Avastin pourrait parfaitement faire l'objet d'une demande d'autorisation pour ses effets constatés sur la DMLA.

Freddi Bacchetto, vice-directeur à Berne de la caisse d'assurance maladie Assura, ne mâche pas ses mots :

"La firme Roche parvient à élaborer gratuitement et franco une substance bon marché qui est efficace pour traiter une grave maladie des yeux. Au lieu d'en faire directement bénéficier les patients, elle modifie quelque chose à la substance pour pouvoir lui donner un nouveau nom, et ensuite, elle lui fixe un prix quarante fois plus élevé. Pour que cette pratique ne se remarque pas, elle en donne la licence à une firme concurrente pour la commercialisation. C'est un scandale".

L'Italie a condamné les deux laboratoires à une forte amende pour leur entente, et décidé le remboursement à 100 % de l'Avastin.

En France, la ministre de la Santé Marisol Touraine a annoncé en juin 2014 qu'elle s'orientait dans cette direction, et un amendement à la loi de financement de la Sécurité sociale a été adopté qui devrait permettre d'écarter les derniers obstacles.

Ce n'est jamais que deux ans après la demande formulée par le Pr Jean-Luc Harousseau, fameux hématologue nantais président de la Haute Autorité de Santé depuis 2011, d'adopter une recommandation temporaire d'utilisation permettant l'utilisation de l'Avastin. Quelques jours plus tard, à son grand étonnement, la Direction générale de la Santé publiait en guise de réponse une circulaire ...excluant l'utilisation d'un autre produit que le Lucentis !

Certes, l’essentiel est d'avancer maintenant dans la bonne direction, mais des retards comme ceux-là ont un coût énorme qui devrait inciter à améliorer considérablement la transparence des choix publics dans les domaines de la médecine et de la pharmacie...

Tag(s) : #Santé, #Economie

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