Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Mohammed Harbi, universitaire et historien de la guerre d'Algérie, a notamment approfondi les les circonstances et le déroulement des massacres de Sétif en mai 1945 dans ses ouvrages sur la guerre d'Algérie, écrits parfois en collaboration avec Benjamen Stora.

Mohammed Harbi, universitaire et historien de la guerre d'Algérie, a notamment approfondi les les circonstances et le déroulement des massacres de Sétif en mai 1945 dans ses ouvrages sur la guerre d'Algérie, écrits parfois en collaboration avec Benjamen Stora.

La répression deq manifestations du Constentiniois le 8 mai 1945 et les jours suivants, ne saurait passer pour une simple "bavure" ni pour une "provocation" nationaliste.

La répression deq manifestations du Constentiniois le 8 mai 1945 et les jours suivants, ne saurait passer pour une simple "bavure" ni pour une "provocation" nationaliste.

Il n'y a pas à hésiter : bien sûr qu'il est légitime de commémorer la capitulation allemande du 8 mai 1945 ! Et je ne ferai pas une crise de jalousie parce que, né au Croisic 17 mois plus tôt, cette capitulation n'a pris effet pour moi que le 11 mai, avec la reddition de la "Poche" de Saint-Nazaire... Je n'en ai évidemment pas le moindre souvenir.

Plus sérieusement, on aura le droit de se souvenir encore longtemps de la fin d'un cauchemar qui a cumulé tant de souffrance, de morts, de haines et d'horreurs.

Ce qu'on peut reprocher parfois aux commémorations, c'est d’enfermer le souvenir dans le passé, quand elles peuvent être aussi l'occasion de s'élargir à d'autres horizons ou à d'autres époques, pour enrichir leur propre sens.

C'est pourquoi je n'hésite pas non plus, cette année, à évoquer la sanglante répression par la France coloniale des manifestions organisées le 8 mai 1945 dans le "Constantinois" algérien (Sétif, Guelma et villes et hameaux environnants) pour exiger, tout en célébrant la victoire sur le nazisme, la prise en compte des aspirations nationales du peuple algérien.

Ce jour-là, il s'est trouvé un "préfet de la République", Lestrade-Carbonnel, pour ordonner aux forces de police de police : « Faites tirer sur tous ceux qui arborent le drapeau algérien. ». Ce qui fut fait avec ardeur par plus d'un et fut évidemment pour beaucoup dans le déchaînement d'une violence qui dura plusieurs jours et qui fit sans doute autour de 20 000 morts1, dont une centaine d'Européens d'Algérie. Le refus viscéral de l'émancipation algérienne et de l'égalité des droits explique la disproportion des pertes : la seule crainte d'un progrès dans ces domaines suffisait à semer la panique de proche en proche chez les plus profiteurs des colons et dans leur environnement, panique que l'armée coloniale a plutôt accompagné que cherché à calmer...

D'une commémoration à l'autre, il n'est pas interdit de garder en tête l'idée que le mépris des droits des gens ou des peuples débouche rarement sur une consolidation de la paix publique.

 

___________________

(1) - Les sources varient de 1700 à 45 000. Plus généralement, on pourra lire avec profit l'article publié sur le 8 mai de Sétif par le site "Les Crises", documenté entre autres par des témoignages comme ceux de l'historien kabyle Mohammed Larbi (photo ci-dessus).

Tag(s) : #Discriminations, #Inégalités, #Politique

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :