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Comment la centralisation ferroviaire tue nos entreprises

Une entreprise (fictive) qu'on suppose établie dans la proche banlieue de Nantes, développe en ce moment son activité dans des départements ou régions non-limitrophes de la Loire-Atlantique, voire sensiblement éloignés. Par exemple à Brest, Laval, Poitiers et Bordeaux. Vous y avez des clients, des fournisseurs, des prestataires de service, des revendeurs ou autres partenaires. Ce ne sont pas des villages isolés. Leur environnement économique est variable, mais non négligeable1.

Pourtant, vous y perdez des marchés en raison de la concurrence d'une entreprise du même secteur d'activité implantée à proximité de Paris.

Toujours prêt à rendre service quand je le peux, j'ai recherché pour vous une partie au moins des raisons de ces échecs. Et - peut-être pas par hasard ! - je me suis intéressé d'abord à vos temps de transport en train, que vous préférez pour de bonnes raisons. Parce que les partenaires, il faut les rencontrer de temps en temps, organiser aussi des rencontres avec certains, voire avec leurs propres partenaires, etc.

Le tableau ci-dessus rend compte du résultats de mes recherches. Voyez vous-mêmes :

      . Vous avez théoriquement l'avantage de la proximité : les quatre villes sont en moyenne situées à 246 km de Nantes (en trajet automobile selon ViaMichelin) alors qu'elles sont à ...450 km du siège de votre concurrent francilien ; et chacune d'elles est plus proche de votre siège que du sien. Un sacré atout !

     . Pourtant, vous, vous mettez en moyenne 3 h 46 pour joindre la ville où vos partenaires exercent leur activité, alors que votre concurrent, lui, met ...2 h 51. Un sacré avantage pour lui, non ? Parce que les déplacements de cet ordre, ce n'est pas comme les voyages touristiques :c'est la vie quotidienne.

J'ai prolongé cette recherche pour vous et j'ai constaté encore que votre concurrent francilien bénéficie :

     . de trajets directs (quatre sur quatre), alors que pour chacun de vos déplacements en train, vous devez vous farcir, vous, une correspondance qui allonge et complique votre trajet ;

     . de vitesses bien supérieures. Vous ou vos représentants vous déplacez en train (eu égard à la distance utile parcourue) à la vitesse moyenne de 65 km/h (!), alors que votre concurrent ou ses représentants se déplacent à la vitesse moyenne de 158 km/h (d'autant plus grande qu'on se rapproche de Paris, les tronçons éloignés se rapprochement des vitesses non-TGV). Non seulement votre concurrent est plus vite que vous à pied d'oeuvre, mais il peut rencontrer plus de partenaires dans un même temps.

Encore deux handicaps sérieux pour vous !

Comment s'étonner qu'une telle distorsion de traitement entraîne et aggrave d'énormes déséquilibres territoriaux ? Mais la réponse de Sarkozy et Fillon, validée par Hollande et Ayrault, et aggravée par Valls, c'est le "Grand Paris, destiné notamment à ...réduire encore les obstacles à la circulation interne de l'Île-de-France et à ses liaisons extérieures ! Et c'est la "réforme territoriale" qui prive les régions de leur personnalité, de leur cohérence et de leurs moyens.

Vous ne trouvez pas que ça fait beaucoup ? Et au nom de quoi ?

Merci de faire suivre ou de partager !

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(1) - Aucune n'est située sur ma même liaison avec Paris que Nantes : il s'agit en effet de mesurer les effets de la carence en transversales.


 

Tag(s) : #Centralisation, #Economie, #Politique, #Discriminations

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