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Tableau chiffrant à titre indicatif (à partir de quelques exemples) l'avantage concurrentiel considérable octroyé à Paris par la centralisation ferroviaire.

Tableau chiffrant à titre indicatif (à partir de quelques exemples) l'avantage concurrentiel considérable octroyé à Paris par la centralisation ferroviaire.

On retrouve pour Brest les conclusions tirées sur ce blog le 29 mai dernier pour Nantes, et rappelées dans le tableau repris en fin d'article : la centralisation ferroviaire, en France, fausse totalement la concurrence au profit des entreprises installées en Île-de-France, du moins pour leur partie d'activité qui requiert des contacts avec les fournisseurs, les clients, les revendeurs et autres partenaires, et qui pour cette raison recourt fortement au transport ferroviaire de personnes.

Dans l'étude d'aujourd'hui, une PME virtuelle implantée dans l'agglomération brestoise cherche à développer ses activités vers Lorient, Angers, Poitiers et Caen. Mais elle rencontre des difficultés dues à la concurrence inattendue d'un concurrent installé à proximité de Paris.

Consultée par elle, je m'attarde sur le temps qu'elle consacre aux transports, parce qu'il est clair que c'est un domaine où ses concurrents franciliens la surpassent, et de loin.

En gros, dès qu'elles s'éloignent de la route de Paris, les entreprises brestoises - comme leurs consœurs nantaises - se trouvent confrontées à l'absence de lignes transversales ou - de plus en plus fréquemment - à la nécessité d'aller chercher plus près de Paris (à Rennes, au Mans...) un nœud de communication qui leur permettra d'accéder à leur destination réelle.

Les exemples cités montrent qu'à une distance réelle moyenne comparable entre l'entreprise brestoise et ses partenaires d'une part et entre l'entreprise francilienne et les mêmes partenaires d'autre part (341 et 343 km respectivement en moyenne), l'entreprise francilienne bénéficie d'une vitesse moyenne double, qui lui permet des contacts et des réponses plus rapides, et de rencontrer deux fois plus de partenaires éventuels en un temps donné. C'est loin d'être négligeable en matière de concurrence.

Comme pour l'exemple nantais du 29 mai, les clients ont été situés hors des routes de Paris pour neutraliser les avantages liés directement à cette situation1.

Et on remarque enfin que - au risque de surprendre les pourfendeurs superficiels de la "métropolisation" - Nantes se trouve dans une situation très comparable à celle de Brest, et qu'à l'évidence l'avantage concurrentiel ne passe pas entre Nantes et Brest mais entre Paris d'une part - ultra-privilégié - et Brest et Nantes ensemble d'autre part.

Pensons-y quand nous parlons ou qu'on nous parle de "métropolisation"  ou de "petits Paris" !

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(1) - Sur les trajets entre Brest et Angers, Poitiers ou Caen, Brest bénéficie toutefois de longs tronçons de liaisons avec Paris qui, bien que ne relevant pas de la "très grande vitesse", améliorent sensiblement la vitesse moyenne "utile" sur ces liaisons. Petite contrepartie de l'éloiognement péninsulaire.

Comment la centralisation ferroviaire tue nos entreprises (ici : les brestoises)
Tag(s) : #Transports

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