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Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues, auteurs de "Tentative d'évasion (fiscale)"

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues, auteurs de "Tentative d'évasion (fiscale)"

Auteurs de nombreux ouvrages, dont "Le président des riches", Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon permettent aux lecteurs de "Tentative d'évasion (fiscale)", de saisir l'ampleur et les modalités de l'évasion fiscale pratiquée par les grandes fortunes françaises, avec le concours intéressé d'un système bancaire empressé de les servir et d'un pouvoir politique tout aussi complaisant à haut et très haut niveau.

Les fraudes commises par Jérôme Cahuzac, ministre du budget dans le gouvernement Ayrault, et révélées par Médiapart à la fin de l 'année 2012 appellent l'attention sur la bizarrerie juridique que constitue la "commission des infractions fiscales", créée en 1977 sous la présidence Giscard d'Estaing. Cette "CIF" est une sorte de filtre administratif qui permet en principe de faire obstacle à une prolifération abusive - du fait d’adversaires ou concurrents malveillants - de mises en cause de personnes occupant des positions de responsabilité en vue, notamment électives.

Selon nos auteurs, il est clair que ce filtre est particulièrement efficace pour traiter hors de la vue du public des turpitudes fiscales bien réelles des détenteurs de grosses fortunes et des milieux qui les servent, turpitudes effacées par des mesures de bienveillance que le pouvoir politique en place peut à l'occasion monnayer. C'est en tout cas l'avis d'un ancien responsable de la Direction nationale des Enquêtes fiscales (DNEF), Roland Veillepeau, précipitamment remercié deux ans après sa nomination, et qui n'a pas hésité à demander la suppression de la CIF.

On s'attendait au moins à une évolution sensible, mais une réunion au sommet de l'État un week-end de mai 2013, regroupant François Hollande, Jean-Marc Ayrault, premier ministre, Pierre Moscovici, ministre de l'Économie et Bernard Cazeneuve, successeur de Cahuzac au Budget (mais pas Christiane Taubira, ministre de la justice !) a décidé au contraire de maintenir cette instance, contraire au principe de séparation des pouvoirs puisque conditionnant l'ouverture de procédures judiciaires contre les fraudeurs au bon vouloir du ...ministre du budget !

Faut-il que les pouvoirs politique et financiers soient imbriqués pour qu'une telle anomalie ait pu voir le jour et subsiste sous nos yeux sans provoquer de réactions indignées !

La présidence "normale" aura décidément été riche en déceptions !

C'est cela, le principal obstacle à l'unité, amis socialistes si discrets là-dessus.

Et quand je dis que la centralisation jacobine - clef des découpages régionaux qui la confortent  - est au service des Français les plus riches, je pense notamment à cette situation.

Tag(s) : #Economie, #Politique

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