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Emmanuel Macron, ministre de l'Économie, se ronge les ongles ou se mord les doigts ? (vue empruntée au site marianne/net)

Emmanuel Macron, ministre de l'Économie, se ronge les ongles ou se mord les doigts ? (vue empruntée au site marianne/net)

Je ne suis pas choqué par les propos du ministre Macron estimant que la société française a "une part de responsabilité dans le terreau du djihadisme". Une partie de son discours devant le groupe social-démocrate "Les Gracques" pouvait même passer pour porteuse d'un souffle salutaire. L'entendre parler d'idéal d'égalité et incriminer la perte d'espoir d'ascension sociale comme facteur de dérive ne manquait pas d'allure.

On attendait la suite, qu'on espérait peut-être. Allait-il évoquer les formidables et injustifiables inégalités de revenus qui prospèrent autour du CAC 40 ? Les privilèges de concurrence dont jouissent  les entreprises de la région parisienne du fait de la centralisation des transports ? Le scandaleux secret qui organise et protège l'évasion fiscale les plus riches résidents? Le plancher de verre qui isole notre haute société et ses privilèges de la masse des citoyens et lui donne accès à des facilités dont ils n'ont même pas idée ? L'autre plafond de verre qui barre aux femmes de nombreux accès à des postes de responsabilité ? Le plafond de plomb qui écarte une grande partie des jeunes de l'espoir même de pouvoir changer les choses ?

Déception. M. Macron a simplement évoqué, à propos d'immobilisme social, ses réformes qui permettraient selon lui de s'y attaquer. Le salaire au mérite des petits contre l'enrichissement sans mérite des plus gros ? L'allègement des contraintes imposées par le Code du Travail aux employeurs contre l'accroissement de la précarité pour les salariés ? C'est une vision assez unilatérale de la lutte contre ce qu'il appelle "l'immobilisme français".

M. Macron sait-il que les entreprises françaises ne se sont jamais mieux portées que dans les périodes de progrès social ? Et que l'évolution économique des dernières décennies montre que les reculs sociaux s'accompagnent au contraire rapidement de reculs économiques, aggravés par l'appétit toujours croissant des hauts revenus pour les profits rapides et non réinvestis ?

Le terreau du djihadisme, ne serait-ce pas la superposition qui crève les yeux des espaces de facilités - légales ou pas - accessibles aux plus aisés et des espaces de précarité où végètent leur vie durant les plus démunis ?

Que le ministre de l'Économie d'un gouvernement socialiste ait déjà derrière lui, jeune encore, une belle carrière à la banque Rothschild, ne permet guère de déborder d'espoir dans une évolution favorable de la mobilité sociale sous son autorité...

Tag(s) : #Société, #Solidarités, #Inégalités

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