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Le Gouvernement Ayrault au secours du Grand Paris de Sarkozy

Le Gouvernement Ayrault au secours du Grand Paris de Sarkozy

L'idée ne serait jamais venue à personne de suggérer que la consommation du muscadet ou des fraises de Plougastel est réservée aux consommateurs de Bretagne. Tout le monde convient que la vente de ces produits à une clientèle plus large est bénéfique, clientèle à laquelle il n'est pas interdit - y compris en Bretagne ! - de consommer des produits concurrents.

Lorsqu'il s'agit de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, on entend des voix condamner sa situation excentrée en Bretagne et regretter que l'aéroport breton n'ait pas été envisagé quelque part dans le Centre Bretagne, ce qui serait sans doute le meilleur moyen d'en détourner des usagers qui résident majoritairement à 2 h de là. Et on entend aussi critiquer le fait qu'il puisse viser à desservir une partie de l'Ouest intérieur ou la Vendée et qu'il desserve mal la pointe de Bretagne.

Le peuplement très majoritairement périphérique de la Bretagne invite simplement à constater que le maintien et le développement de l'aéroport de Brest n'est pas incompatible avec celui de la plateforme du pays nantais. Et personne ne s'étonne que les aéroports de Brest Bretagne et de Rennes Bretagne portent un nom qui ne correspond que très partiellement à l'aire territoriale bretonne. Les appellations d'aéroports obéissent d'abord à des préoccupations commerciales.

C'est aussi le cas de l'aéroport dit du Grand Ouest, qui n'est pas plus destiné à desservir tout le Grand Ouest que ceux de Brest ou de Rennes à desservir toute la Bretagne. Ne serait-ce qu'en raison du monopole parisien de fait sur nombre de dessertes, et de l'accessibilité privilégiée des plateformes concernées.

Pour autant, l'ambition commerciale actuellement associée au projet de N.-D.-des-Landes conduira nécessairement à retenir en définitive une appellation moins franco-française dans sa compréhension, parce qu'un aéroport dont une part importante de l'activité se situera hors des frontières françaises n'a aucun intérêt commercial à faire référence à un point cardinal dont la traduction concrète varie sitôt la frontière franchie ! L'aéroport de l'Ouest, pour la Suisse, c'est Genève, pour l’Allemagne, c'est Düsseldorf, pour l'Italie c'est Turin, pour l'Espagne celui de Saint-Jacques-de-Compostelle, etc !

Il faudra trouver quelque chose de plus "territorialisant" qu'Ouest, le mot Loire ne valant guère mieux puisque utilisé comme identifiant local de la source à l'estuaire du fleuve ...ou garder le nom de Nantes-Atlantique.

Ce bref article n'épuise pas le sujet des fantasmes liés à N.-D.-des-Landes : je pense à ceux nourris un temps sur la valeur douteuse des prévisions de trafic sur Nantes, qui ont été dépassées, sur le coup fatal porté à l'élevage laitier en Loire-Atlantique (des centaines de vaches allaitantes allaient disparaître !).

Son but est plutôt de resituer dans un cadre raisonné certaines approches manifestement inadaptées aux réalités, et qui font le lit des lobbies parisiens liés aux transports centralisés, opposés à toute réelle multipolarité du territoire français.

Tag(s) : #Centralisation, #Transports

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