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Je n'ai pas (encore ?) signé la pétition de Retailleau pour l'évacuation de la "ZAD"...

Je n'ai en effet pas encore signé cette pétition, et je ne la signerai sans doute pas, bien que je n'aie jamais été partisan de la violence que constituent les tentatives d'imposer sa volonté par des voies de fait tels que des occupations ou des intimidations, car il y en a, hélas.

Ma réticence vient d'ailleurs : elle tient à ce que ma signature est demandée par la "région" des Pays de la Loire. Une "région" à laquelle je suis rattaché, comme tous mes compatriotes de Loire-Atlantique, à mon corps défendant, sans que jamais - curieuse opposition - on ne m'ait jamais demandé mon accord, que j'aurais évidemment refusé.

Cette démarche des "Pays de la Loire" heurte en outre ma conviction que la place prise par cette "région" dans le dossier est un des facteurs déterminants de sa transmutation en eau de boudin.

Je ne crois certes pas que le projet de Notre-Dame-des-Landes doive uniquement répondre à des besoins identifiés dans les cinq départements bretons et ignorer les besoins identiques que peuvent avoir nos voisins immédiats. Un aéroport est un outil au service d'une population dont les contours commerciaux n'ont aucune raison de coïncider avec les contours historiques de la Bretagne. Pour le comprendre, il suffit d'appliquer ce type de critère au Muscadet, aux fraises de Plougastel ou aux huitres de Cancale (liste non exhaustive) !

Dans le même esprit, en fait, je ne crois pas davantage que Notre-Dame-des-Landes doive répondre seul à tous les besoins de la Bretagne en matière de transport aérien ou qu'un aéroport plus "central" soit une meilleure option. Il se trouve que la Bretagne n'est pas une île à population uniformément répartie, et qu'elle a un passé dont on ne peut s'affranchir en l'ignorant.

Compte tenu de cette population répartie essentiellement en périphérie, un aéroport à la pointe de Bretagne paraît s'imposer, outre celui de N.-D. des Landes accessible  aux usagers résidant principalement à l'intérieur d'un polygone Lorient - Rennes - Angers - Cholet - La Roche-sur-Yon - Côte atlantique, plus ou moins élargi selon les opportunités de vols.

Outre ces deux aéroports à mon sens incontournables, les autres aéroports bretons assurant des laisons régulières ne sont pas si nombreux qu'on le dit (en comptant parfois ceux de Belle-Île ou Ouessant, pour ne pas parler de ceux de La Baule et d'Ancenis ! ). Je ne suis pas un partisan convaincu de la fermeture de ces aéroports de second rang avant le mise en service de Notre-Dame-des-Landes (on peut de surcroît aujourd'hui ne pas tenir cette mise en service pour assurée !). Je crois donc que les décisions en termes de fermeture doivent être reportées à plusieurs années au-delà des premières observations des modifications du trafic induites par la mise en service de N.-D.-des-Landes.

Il faut ici revenir à la question de la pétition, qui ouvrait cet article.

La principale raison de mes réticences pour la signer est en effet la place prise par les Pays de la Loire et le "Grand Ouest"  dans l'argumentation de soutien au projet de N.-D.-des-Landes.

Ces "régions" manquent en effet totalement de la légitimité reconnue naguère à la Bretagne du CELIB - même après le découpage Debré - pour fédérer toute la Bretagne autour de projets communs. La "régionalisation" jacobine a rapidement débouché sur la priorité donnée aux liaisons ferroviaires avec Paris, l'abandon des liaisons transversales comme Brest-Nantes-Bordeaux, etc.

Je ne souhaite pas cautionner cette évolution, continuant à penser que la Bretagne est la mieux placée pour défendre ses intérêts, et que les "Pays de la Loire", comme la "Bretagne résiduelle" ont été créés pour faire obstacle à ceux-ci et relayer les politiques du "Paris d'abord". Hors de son intérêt polémique contre le gouvernement "de gauche" (?), la pétition lancée par M. Retailleau n'a pas de sens, puisque sa "région" est elle-même un outil de neutralisation de la Bretagne.

Ma position ne sera sans peut-être comprise que par ceux dont le raisonnement s'inscrit dans la durée, mais j'assume de risque, et remercie mes amis de le comprendre.

 

 

 

 

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