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Mohamad ben Salmane, vice-prince héritier d'Arabie saoudite.

Mohamad ben Salmane, vice-prince héritier d'Arabie saoudite.

On aimerait y croire, mais le carcan social et religieux est si épais en Arabie saoudite, les intérêts personnels des dirigeants si forts et l'opacité de leurs relations si protégée qu'il est difficile de faire confiance aux apprences, même quand elles paraissent prometteuses. La moindre querelle de famille peut violemment refermer des portes qui donnaient l'impression de s'entr'ouvrir.

Dans ce contexte incertain, on peut au moins remarquer des mouvements intéressants, quitte à admettre qu'ils sont peut-être sans lendemain pour longtemps.

Je veux parler ici d'une information parue dans Le Monde daté de ce 19 avril : les autorités saoudiennes placent la police religieuse sous la tutelle de la police civile !

La police religieuse, surnommée la "moutawa", c'est le "Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice", qui patrouille notamment dans les espaces publics pour vérifier que les magasins ferment pendant les prières, que les restaurants respectent la séparation des sexes et, bien sûr, que les femmes portent le voile, en plus de l'abaya (long manteau noir réglementaire).

Ce qui est nouveau depuis le 11 avril, c'est que cette police religieuse ne peut plus interpeller, détenir ou pourchasser elle-même les personnes en infraction ou suspectées, mais doit désormais se borner à les signaler à la police civile, et doit accomplir sa mission de façon "courtoise et humaine".

Certes, ce n'est pas encore la laïcité, mais l'idée, visiblement, se profile au loin. Et on imagine bien que cela ne plaît pas à tout le monde !

Le fait que, derrière cette évolution souhaitée par le vice-premier ministre, Mohamad ben Salmane, s'abrite une querelle de succession, dans laquelle ce dernier fait figure de rival bien placé de l'actuel prince héritier désigné; Mohammed ben Nayef, n'est pas forcément de nature à rassurer sur la profondeur des évolutions en cours.

Pour ma part, je ne peux en dire plus, et invite les lecteurs intéressés à se reporter à l'article de Benjamin Barthe dans Le Monde du 19 avril, où ils trouveront l'information originelle.

C'est malgré tout l'indice d'une possibilité d'évolution.

Tag(s) : #Société, #Justice, #Discriminations

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