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De Versailles, résidence du Roi Soleil, on est passé à Paris, Ville-Lumière. Dans le même esprit et évidemment sans référendum.

De Versailles, résidence du Roi Soleil, on est passé à Paris, Ville-Lumière. Dans le même esprit et évidemment sans référendum.

Il n'y a que 17 km de distance physique entre Versailles et Paris, mais les deux centres du pouvoir sont sans doute plus proches dans la conscience politique des gouvernants et des gouvernés des deux époques !

Louis XIV a voulu faire de l'ancien pavillon de chasse construit par son son père un monument à la hauteur de l'image qu'il voulait donner à ses sujets et aux cours étrangères de la puissante monarchie française et de son chef.

Il avait besoin de nombreux figurants de qualité pour mettre encore plus en valeur la majesté du lieu et la sienne. Y faire venir les nobles du Royaume permettait à la fois d'atteindre cet objectif, de contrôler cette noblesse (dont la Fronde avait marqué le tout début de son règne), d'en saper l'image auprès du peuple des provinces où allait pouvoir s'exercer de plus en plus le pouvoir des représentants du pouvoir central (au pas des chevaux, ne l'oublions pas !).

Les grands serviteurs du Royaume étaient aussi des occupants du Palais, siège du gouvernement et proches conseillers du Roi, qui l'informaient, lui rendaient des comptes et relayaient sans délai ses décisions.

C'est évidemment là que se se construisaient les carrières.

La méfiance de Louis XIV à l'égard du peuple de Paris (et de ses marchands, depuis Étienne Marcel) sujet à d'incontrôlables émotions1, moins facile à circonvenir que la noblesse, expliquait aussi le choix de Versailles.

Quatre siècles après la mort de Louis XIV, Versailles se visite comme un musée, et le pouvoir central a investi Paris, où les révolutionnaires centralisateurs, après avoir écarté et quelque peu massacré les fédéralistes de province, ont installé leur pouvoir, centralisé les transports mécaniques au profit de l'Île-de-France, et fait plus que s'inspirer des pratiques royales, sous des apparences institutionnelles successives.

Mais la capitale de l'oligarchie jacobine a bien compris l'intérêt de concentrer en son sein la fine fleur de la finance, de l'administration et de la politique, et de contrôler l'information et l'évolution des esprits avec des moyens infiniment plus efficaces que ceux des Rois. La noblesse d'État, de la finance, de la culture etc,... se retrouve dans les couloirs du pouvoir comme chez elle, et et la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris (CCIP) est dans un milieu favorable, lorsqu'elle fait connaître en 2012 ses priorités pour l'élection présidentielle, auxquelles le gouvernement Ayrault devra se soumettre pour voir s'atténuer la contestation rampante de son environnement francilien, effrayé des distances qu'il marquait avec les projets du Grand Paris (voir en fin d'article un écho des priorités de la CCIP), où l'on retrouve en bonne place le rôle mondial de la Ville-Lumière.

Et c'est encore là que les carrières se gèrent, y compris celle des représentants des partis au sein des institutions centrales et de celles des collectivités.

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(1) - un mot proche parent du mot "émeute", dont il avait souvent le sens à l'époque.

 

 

Le “Grand Paris”, c'est le Versailles de notre temps. En pire !
Tag(s) : #Centralisation, #Histoire, #Inégalités

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