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Mélenchon affirme la diversité des peuples de France (article OF du 23 mars 2017)

Mélenchon affirme la diversité des peuples de France (article OF du 23 mars 2017)

Les trois mots principaux du titre de cet article traitent en fait de deux sujets différents1, qui ont pour point commun d'avoir été abordés tout récemment dans Ouest-France.

Jeudi 23, en page 5 sous un titre de page parlant du défi de l'immigration, Mélenchon convient que la France se raconte "une histoire qui est fausse". Et, comme Alexandre Sanguinetti, Michel Rocard ou l'historienne Suzanne Citron, il relève les mensonges ou silences d'une Histoire de France écrite au 19ème siècle pour justifier une construction étatique centralisée posée comme une et indivisible. L'animateur de "la France insoumise" critique l'extrême droite qui s'appuie sur cette histoire falsifiée pour justifier son rejet de l'immigration, alors que le quart des Français a au moins un ancêtre immigré et beaucoup plus encore des ancêtres à moins de dix générations qui ignoraient le français.

Mélenchon pourrait parler de beaucoup d'autres courants jacobins qui, d'un extrême à l'autre, partagent le rejet par la France de sa diversité, ou ne veulent y attacher aucun droit collectif. Et, s'il n'a pas habitué ses lecteurs ou auditeurs à son présent discours sur la diversité de la France, on peut encore se demander s'il ne confine pas le sujet au seul traitement de l'immigration.

Souhaitons qu'Ouest-France continue de nous tenir informés sur le sujet.

C'est encore dans Ouest-France, aujourd'hui en page Saint-Herblain, que beaucoup apprendront "qu'il y a un siècle, "tous les Nantais parlaient la langue bretonne en plus du français".

Bon, n'exagérons pas. Le breton a sans doute toujours été parlé à Nantes, au moins2 des troupes d'Alain Barbe-Torte maintenues en protection après le départ des Normands aux familles bretonnantes venues de la péninsule pour travailler à Chantenay, en passant par les habitants bretonnants de l'ouest du département et toujours de la péninsule installés ou travaillant à Nantes, tels les Laënnec (fils René, le plus célèbre, et oncle Guillaume) qui correspondaient en breton avec Théophile (le père de René, magistrat à Quimper). Mais la population native de la région nantaise parlait un dialecte roman appelé aujourd'hui le gallo, qui n'était pas un français dégradé mais un parler issu du latin populaire, comme le français et les autres dialectes romans méprisés comme patois pour valoriser le langage de la Cour,

En cette période, je crois pouvoir conclure que la France serait un pays plus accueillant, et écouté dans le monde avec plus de sympathie, si elle se décidait enfin à considérer sa diversité comme une chance et à se respecter en la respectant. L'extrémisme nationaliste et xénophobe n'y serait pas aux portes du pouvoir.

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(1) - Mélenchon parlant des Bretons et de la diversité française et non de la langue bretonne à Nantes ou ailleurs.

(2) - Il faut rappeler ici que les Bretons d'outre-Manche n'ont pas débarqué en Armorique seulement par les côtes du nord et de l'extrême-ouest, mais aussi par les estuaires de la Vilaine et de la Loire et par les côtes  des presqu'îles de Rhuys, de Guérande et du Pays de Retz, où la langue bretonne a laissé des traces évidentes. L'immigration militaire (pour secourir l'empire romain) n'a peut-être fait que traverser l'actuelle Loire-Atlantique, mais l'immigration civile s'est installée et on lui doit la toponymie bretonne actuelle des presqu'île et de quelques îlots intérieurs.

Tag(s) : #Histoire, #Langues, #Politique, #Discriminations, #Culture, #Minorités, #Élection

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