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Influence de l'émigrationLes évaluation les plus sérieuses chiffrent à plus d'un million le nombre des jeunes qui ont quitté la Bretagne entre les années 1850 et 1950.

Le petit exercice auquel je me suis livré ci-contre simplifie l'étude des effets démographiques de cette immigration sur le niveau de la population bretonne d'aujourd'hui.

Cette simplification repose notamment sur les trois postulats suivants :

   1) l'évolution réelle de la population bretonne entre les chiffres vrais de 1801 et 2010 a été régulière entre ces deux dates ;

   2) l'émigration a touché 10 000 jeunes par an entre 1851 et 1950 ;

   3) les jeunes émigrés, s'ils étaient restés au pays, auraient eu une descendance comparable à celle de ceux qui n'ont pas émigré.

Ces trois postulats sont bien sûr des approximations assez grossières de la réalité, mais permettent cependant de dégager des ordres de grandeur retracés par les deux courbes :

La courbe sombre représente l'évolution simplifiée de la population réelle de la Bretagne.

La courbe rose représente l'évolution estimée de la population totale de nos cinq départements si les jeunes étaient restés en Bretagne et y avaient eu leur descendance.

Pour diverses raisons, il s'agit sans doute d'une estimation basse, mais peu importe : le rapprochement des deux courbes fait apparaître que, sans l'émigration liée à la centralisation (les autres pays d'Europe n'ont généralement pas connu les mêmes transplantations massives vers leur capitale), la Bretagne d'aujourd'hui compterait très probablement plus de 6 millions d'habitants, au lieu de 4,3 millions.

Même sommaire, cette démontration ne se propose pas de nourrir la vaine nostalgie d'un passé virtuel. Elle peut nourrir en revanche de vraies réflexions à propos d'affirmations couramment entendues, du style de celle-ci :

   "La Bretagne bénéficie d'un équilibre enviable de son réseau urbain, dépourvu de très grandes villes mais comptant un nombre significatif de villes moyennes d'environ 30 000 habitants".

Une question se pose en effet aussitôt : où vivraient nos 1,7 millions d'habitants supplémentaires, qui en fait sont nés (ou pas...) ailleurs ? Avec un tas de questions annexes sur la taille qu'auraient nos villes, sur l'occupation des sols, le poids qu'auraient des zones qui n'auraient pas été désertifiées, ce qui en serait résulté pour les réseaux de communication, l'activité économique, l'organisation - voire le découpage - des territoires, etc ?

Mais l'important n'est pas de chercher d'impossibles réponses. Acceptons plutôt de relativiser nos points de vue sur l'équilibre idéal de la Bretagne. Ou tressons des couronnes à la centralisation, qui nous a évité un destin tragique !

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Pour agrandir l'illustration, cliquez dessus.

Tag(s) : #Démographie

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