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PIB B5-IdF-France 2010A chaque étape précédant sa consommation finale1, un bien voit sa valeur accrue d'une somme correspondant d'un côté à la perception de revenus et de l'autre à une fraction du prix de vente final. A quelques détails près2, l'ensemble des valeurs ainsi ajoutées sur un territoire donné correspond à la somme des revenus qui sont distribués sur ce territoire et à celle  des dépenses faites par les consommateurs finaux qui les perçoivent.

C'est ce qu'on appelle le produit intérieur brut ou PIB. On utilise fréquemment le PIB pour comparer les niveaux de développement ou de richesse des différents pays. L'INSEE calcule aussi chaque année en France des PIB régionaux et même, tous les cinq ans en principe, des PIB départementaux. Les PIB régionaux actuellement disponibles sont ceux - estimés - de 2010, et les derniers PIB départementaux utilisables sont ceux de 2005.

PIB breton par département v2Le PIB 2010 des cinq départements bretons porté sur les graphiques peut donc être estimé en ajoutant au PIB 2010 de la Bretagne résiduelle une fraction du PIB des "Pays de la Loire" basée sur la répartition de 2005 entre départements, dont la variation est certainement minime.

On peut ainsi se rendre compte de la faiblesse du PIB breton (malgré le poids de la Loire-Atlantique) face par exemple à celui de l'Ile-de-France,qui ressort à 29,8 % du PIB de la France métropolitaine, pour 2,2 % du territoire français (et ...18,5 % de sa population !).

Des chiffres comme ceux-là débouchent sur de nouvelles réserves sur la signification du PIB, auquel on reproche déjà d'ignorer la durabilité et même l'utilité des biens produits, la surconsommation de nature ou même la qualité de la vie.

Rapprocher les parts franciliennes du PIB et de la population française met en apparente lumière une "suproductivité" francilienne de (29,8/18,5 - 1) x 100 = 61 % !

Mais que mesure cette productivité ? Pas une quantité de biens et de services effectivement produits, qu'on serait bien incapable de mesurer, mais une somme d'évaluations, de coûts et/ou de revenus distribués. Or les seuls revenus fiscaux moyens de l'Ile-de-France sont supérieurs de 40 à 45 % au revenu fiscal moyen français3, et donc les revenus réels moyens encore plus : la "surproductivité" apparente de l'ïle-de-France ressemble donc fort à une sur-rémunération du travail ...et du capital, fruit elle-même de la sur-concentration des fortunes et des cadres supérieurs. Des ordres de grandeur sans comparaison avec ceux qui peuvent exister entre les autres départements4.

Quant au coût faramineux de cette surconcentration, notamment en termes de transport, de logement, d'équipements publics et de sécurité, le PIB l'ignore... Les dizaines de milliards du "Grand Paris" viendront simplement le gonfler ! 

____________________

(1) - Extraction, transformation, conditionnement, transport, commercialisation...

(2) - Concernant notamment les échanges avec l'extérieur et les variations de stocks ou d'épargne.

(3) - Voir les éclairages fournis par la note de mars 2005 de l'Institut d'Aménagement et d'Urbanisme de l'Ile-de-France.

(4) - Ainsi, la "surproductivité" apparente de la Loire-Atlantique par rapport à l'ensemble de la Bretagne est de (32/28,5 - 1) x 100 = 12. ce qui fait 49 de chute par rapport à l'Ile-de-France !

Tag(s) : #Economie

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