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France-Allemagne PassagersOn sait que la France, hormis Paris (et, très loin derrière, Lyon et Marseille) n'a pas de villes "de taille européenne", comme l'Allemagne par exemple. Mais on sait beaucoup moins qu'en proportion de la population totale des deux pays, les Français sont trois fois plus nombreux que les Allemands à vivre dans une agglomération de plus d'un million d'habitants ! C'est tout simplement dû au fait que la région parisienne à elle seule fait la différence ! L'Allemagne est, bien plus que la France, un pays de villes moyennes.

Ce détail n'est pas sans effet sur le transport ferroviaire des personnes et des marchandises.

J'ai encore à réfléchir sur les deux doubles graphiques que je vous propose dans cette page, mais on peut  déjà relever des différences très marquées entre les quantités ou volumes transportés chaque année par voie ferrée, et surtout leur évolution au cours des dernières années (attention, les années de départ ne sont pas les mêmes !).

En France, depuis le milieu des années 90(1), le nombre annuel de kilomètres*passagers(2) a augmenté de 60%. En Allemagne, de 19 % seulement. On sait que, pour la France, l'accroissement n'est pas dû aux transversales : ce sont pour l'essentiel les liaisons de plus en plus rapides et fréquentes avec Paris qui expliquent l'évolution. Mais cela souligne à quel point la centralisation génère des besoins  croissants de transport longs, qui eux-mêmes génèrent un besoin croissant de rapidité : il "faut" souvent pouvoir aller à Paris et en revenir dans la journée, ou passer par Paris pour aller par exemple de Nantes à Lyon ou Bordeaux. Nos voisins allemands ignorent ces contraintes : leurs besoins croissent modérément et, malgré une population sensiblement supérieure à celle de la France, le nombre de kilomètres*passagers transportés y reste très inférieur.

France-Allemagne Marchandises

L'évolution du nombre de tonnes*kilomètres de marchandises transportées chaque année(graphiques du bas) réserve une autre surprise de taille : les courbes sont carrément inversées !

Notre réseau centralisé de voies ferrées ne se prêterait-il tout simplement pas à un acheminement ferroviaire rationnel des marchandises d'un point à l'autre du territoire ? Les transporteurs routiers ne s'en plaignent pas...

Le discours "écologiste" français n'aurait-il pas un intérêt tout particulier à s'éloigner des facilités idéologiques ou électoralistes pour s'attarder, par exemple, sur l'obstacle majeur que constitue la centralisation du pays et de ses transports à la conversion écologique de l'économie(3). Ce pourrait, pour l'élection présidentielle, être un intelligent sujet national de débats et de négociations...

 

Documentation : les courbes sont construites à partir des données et aides proposées par le site Perspectives Monde de l'Université de Sherbrooke au Canada.  - Des données intéressantes sur l'évolution des modes de transport en France et en Europe sont par ailleurs disponible disponibles dans la brochure n°3 d'avril 2009 du Commissariat général au Développement durable, dont j'ai extrait les graphiques visés au renvoi n°3 ci-après.____________________

(1) : Pour cause de conflit social touchant notamment la SNCF, les chiffres de l'année 1995 en France ne doivent pas être pris en compte.

(2) : Les nombres de passagers*kilomètres ou de tonnes*kilomètres sont les produits d'un nombre de passagers ou de tonnes par le nombre de kilomètres qu'ils parcourent.

(3) : Voir ici trois graphiques relatifs à lévolution des modes de transports terrestres en France (1990 - 2006), et à la part des transports dans les émissions totales de gaz à effet de serre, en France, en Allemagne et dans l'Union européenne, et à son évolution (1990 - 2004).

Tag(s) : #Centralisation

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