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carte france lumiere B5 NotrePlaneteCe petit article rapproche malicieusement trois cartes intéressant la Bretagne : une carte de la "pollution lumineuse" nocturne, une carte des principales liaisons ferroviaires et une carte des principales liaisons routières.

La première nous dit pour l'occasion, à sa façon, où vit la population bretonne. Le presque 1,3 million d'habitants de la Loire-Atlantique ne passe pas inaperçu. La "conurbation Nantes-Rennes", visiblement diabolisée plus qu'elle ne le mérite, est ramenée à sa juste proportion. Le "Centre Bretagne" est en réalité une large langue centrale qui va de Châteaulin à la Mayenne en contournant Rennes au nord vers Fougères et au sud vers Châteaubriant, et "s'oppose" beaucoup plus à l'ensemble du littoral que l'est breton ne s'oppose à l'ouest. La densification des liaisons entre la côte vannetaise ou Redon d'une part, Rennes ou Pontivy d'autre part, l'ont plus "troué" jusqu'ici que la bi-métropolisation un peu fantasmée de l'est breton. Au point que l'idée de transversales vers Saint-Brieuc ou même Saint-Malo ne paraît pas totalement stupide...

Numériser0006r1Des transversales ? La 2ème carte, celle de nos principales liaisons ferroviaires, en souligne lourdement l'absence. Brest, Quimper, Saint-Nazaire - et même Nantes dans une large mesure(1) -  sont des fins de lignes Paris-Bretagne. Rennes a su profiter du découpage régional pour se positionner en carrefour et plus seulement en gare de passage. Cela n'a pas nui à sa croissance, bien au contraire, et manque partout ailleurs, sauf ...quand la route compense !

La troisième carte le montre en effet : la route donne à Vannes ou à Lorient un rôle de carrefour dont Saint-Brieuc reste très loin. Que le meilleur trajet Brest - Nantes en train passe parfois aujourd'hui par ...Rennes, et peut-être bientôt par Le Mans, devrait être un vrai sujet de réflexion pour tout écologiste (au meilleur sens de cette appellation incontrôlable). De même que la propension suicidaire à donner une priorité majuscule aux liaisons rapides avec Paris au détriment des transversales créatrices de carrefours et de trafics locaux.

Trafic routier B5 2006 CETE OuestDans cette troisième carte, il faut prêter attention à deux choses : l'épaisseur des traits, qui rend compte de l'intensité du trafic, et la couleur de leurs tronçons, qui est d'autant plus rouge que ce trafic augmente.  

Chacun peut remarquer que les traits les plus épais relient Nantes à Rennes et à Lorient, que les plus rouges sont sauf exception dans le triangle Lorient - Nantes - Rennes et autour de Rennes notamment vers Caen, qu'entre Brest et Lorient le trafic - non négligeable - ne progresse pas, et qu'entre Châteaulin et Rennes il y a progression d'un bout à l'autre d'un trafic encore réduit à ce jour (et qui manque visiblement de l'apport de transversales).

On est là dans un tout autre schéma que celui induit par le réseau ferroviaire. Un schéma beaucoup plus près de la réalité bretonne, sur laquelle devraient reposer les projets pour les cinquante années à venir. Des projets à l'échelle des effets à long terme des aménagements routiers ou ferroviaires, mais aussi aéronautiques, qu'on est une nouvelle fois en train de caler sur le confort des patrons, hauts fonctionnaires et touristes d'aujourd'hui, comme lorsqu'on a créé la fourche ferroviaire du Mans ou implanté l'aéroport de Nantes au point le plus éloigné de ses futures possibles dessertes ferroviaires et routières... On peut relèver au passage que les trois côtés du triangle Rennes - Vannes - Nantes évitent le long détour par Redon imposé au trafic ferroviaire(2) , et s'interroger sur la bonne réponse à apporter - toujours sur le long terme, qui fait ressortir les vrais coûts - à la légitime question de la desserte optimale du pays de Redon.

L'écologisme intellectuel qui refuse les transversales (y compris aériennes, elles aussi plus économiques et moins polluantes) et ne laisse libres que la croissance des passages par Paris ou sa banlieue ("barreaux"), est aux antipodes des besoins de la Bretagne.

_____________________

(1) : Si l'on tient compte des fréquences, faibles au-delà de Nantes vers la côte.

(2) : Qui transforme du coup en "virgule" le raccordement de la Loire-Atlantique au reste du réseau ferroviaire breton, le condamnant à laisser pour longtemps le trafic aux voitures et aux camions... et qui allonge toutes les liaisons sud de la Bretagne, qui n'ont pas vraiment besoin de ce cadeau.

Tag(s) : #Réunification

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