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Professions des B5 Château-Gontier - 1962A moins de 130 km - mais à plus d'un siècle - de distance, les migrations de Bas-Bretons à Nantes et les migrations de Hauts ou Bas Bretons à Château-Gontier sont perçues très différemment. La première, composée au milieu du XIXème siècle de gens pauvres et chargés par leur misère même de toutes les tares du monde par de bons bourgeois nantais, produit des réactions de rejet et même chez certains de rejet de leur propre bretonnité. La seconde, autour de 1960, est composée pour une bonne partie de personnes ayant un bon cursus scolaire, exerçant pour la plupart des professions tertiaires ou libérales, et est regardée favorablement, et est parfaitement acceptée par le milieu castro-gontérien.

Miracle de la langue  ? Le breton reste d'usage dans l'entre-soi des originaires de la péninsule, mais n'est guère entendu du milieu d'accueil.

Plus sûrement effet de la bonne position sociale des intéressés, originaires de nos cinq départements, que beaucoup envisagent de regagner.

Le phénomène n'est d'ailleurs pas nouveau : l'intégration autour de 1800 d'un Bas-Breton comme Guillaume Laënnec1, médecin-chef de l'Hôtel-Dieu et membre de la municipalité nantaise sous la Révolution, n'avait posé aucun problème ! Et tant d'autres...

Plus près de nous, les émirs pétroliers sont mieux accueillis dans les grands hôtels parisiens ou niçois que les immigrés nord-africains dans les dancings péri-urbains !

La "nationalité" ne paraît donc pas être un "marqueur social" aussi décisif que la position sociale, dont elle peut toutefois aider à camoufler le rôle dans l'admission ou le rejet.

 

(1) - Oncle de René (l'inventeur célèbre du stéthoscope, mais aussi le père de pans entiers du diagnostic scientifique) qu'il accueillit plusieurs années à Nantes et contribua sans doute à orienter vers la médecine. Le CHU de Nantes - nord porte le nom de "Guillaume et René Laennec).

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L'étude sur l'émigration bretonne à Château-Gontier en 1962 a été faite par des élèves de terminale du lycée de la ville, en lien avec un concours lancé par le CELIB.

L'émigration basse-bretonne à Nantes a été étudiée en 1996 par Didier Guyvarc'h, à travers notamment le  rapport "hygiéniste" remis en 1851 au maire de Nantes par le polytechnicien Auguste Chérot. Nous y reviendrons.

 

 

Tag(s) : #Social

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